La Voix des Sports - 04/02/2008 |
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Arnaud Demeester est éternel !
Le vainqueur
Il s’est laissé tomber avec sa moto, la ligne tout juste franchie. Le poids du bonheur peut-être. Du soulagement, certainement, après un dernier tour à ranger tout droit dans la légende du Touquet. Ingrid Demeester se précipita dans les bras de son homme en un instant où il n’est plus donné de maîtriser ses émotions.
« On était à Stella. Quand on a vu comment cela se passait, on a foncé. On ne faisait plus attention aux barrages et on pensait qu’on allait prendre un PV… Il y a plus de 15 ans que je suis avec Arnaud (NDLR : 19e Touquet en fait) et je n’avais jamais eu autant mal au coeur qu’aujourd’hui. » Son champion de mari n’avait jamais autant souffert que cette saison. Dans sa chair puisque son genou le fit longtemps réfléchir, au coeur de l’automne, sur la pertinence de donner une suite à sa carrière. Dans sa tête surtout. « Sandman » était blessé par le doute qui avait commencé à l’entourer après la probante série de victoires de Timoteï Potisek cet hiver. Il décida même de faire évoluer son équipe technique, en s’entourant d’un nouveau mécanicien, Jérôme Courquin, et de Yann Lozano, un préparateur moto.
« Un final de fou »
Peut-être se ressassait-il alors cette phrase que sa compagne lui avait glissée avant qu’il ne décide de poursuivre sa carrière jusqu’au Touquet 2009. « On avait dit que lorsqu’il battrait le record des six victoires, il s’arrêterait. Cela aurait pu être le bon moment… Je lui ai dit : “si tu continues et que cela marche moins bien, il faudra que tu acceptes qu’on dise que tu es moins bon”. » Une idée insupportable pour un compétiteur de sa trempe. Alors, hier, après une saison noire, comme appâté par l’odeur de la victoire, il s’en alla décrocher une nouvelle étoile après un mano à mano suffocant avec Timoteï Potisek. « Quand je l’ai vu revenir à côté de moi, au Novotel, je me suis dit que ce serait difficile. On s’est passé deux-trois fois et il y a eu ce moment où l’on se touche. Il prend extérieur, je prends intérieur. J’ai essayé et c’est passé. C’était un final de fou. Je crois que je ne revivrai plus jamais ça. » À l’expérience, au courage, Arnaud Demeester s’est accroché à un nouveau sacre et à son deuxième doublé au Touquet après celui de 95-96. Le Dunkerquois ne pouvait pas choisir meilleur moment pour confondre ceux qui pensaient qu’il était gagné par le déclin. « Sandman », libéré de la quête du record de victoires depuis l’an passé, évoluait dans ses pénates touquettoises sans pression.
Il s’était préparé avec sa méticulosité habituelle. S’il avait lancé sa reconversion, avec l’ouverture de son premier centre de contrôle technique automobile, chez lui, à Fort-Mardyck, avait aussi consacré du temps à son brevet d’éducateur lors de stages dans le sud de la France, Le Touquet demeurait encore une obsession. Hier soir, il racontait : « Le Touquet m’a tout donné. Il m’a fait connaître. Depuis 20 ans, ma vie est organisée autour. » Le Dunkerquois vit son métier et sa passion comme un ascète. Souvent, il avouait rouler à Loon-Plage dès le 1er janvier, au matin. Au dernier réveillon, il n’avait pas vu minuit. Déjà couché. Hier soir, il commençait à ranger ses émotions, mais lâchait dans un sourire. « On va se retrouver avec tout mon staff et faire la fête. Je crois qu’on n’est pas couché ! »
« On était à Stella. Quand on a vu comment cela se passait, on a foncé. On ne faisait plus attention aux barrages et on pensait qu’on allait prendre un PV… Il y a plus de 15 ans que je suis avec Arnaud (NDLR : 19e Touquet en fait) et je n’avais jamais eu autant mal au coeur qu’aujourd’hui. » Son champion de mari n’avait jamais autant souffert que cette saison. Dans sa chair puisque son genou le fit longtemps réfléchir, au coeur de l’automne, sur la pertinence de donner une suite à sa carrière. Dans sa tête surtout. « Sandman » était blessé par le doute qui avait commencé à l’entourer après la probante série de victoires de Timoteï Potisek cet hiver. Il décida même de faire évoluer son équipe technique, en s’entourant d’un nouveau mécanicien, Jérôme Courquin, et de Yann Lozano, un préparateur moto.
« Un final de fou »
Peut-être se ressassait-il alors cette phrase que sa compagne lui avait glissée avant qu’il ne décide de poursuivre sa carrière jusqu’au Touquet 2009. « On avait dit que lorsqu’il battrait le record des six victoires, il s’arrêterait. Cela aurait pu être le bon moment… Je lui ai dit : “si tu continues et que cela marche moins bien, il faudra que tu acceptes qu’on dise que tu es moins bon”. » Une idée insupportable pour un compétiteur de sa trempe. Alors, hier, après une saison noire, comme appâté par l’odeur de la victoire, il s’en alla décrocher une nouvelle étoile après un mano à mano suffocant avec Timoteï Potisek. « Quand je l’ai vu revenir à côté de moi, au Novotel, je me suis dit que ce serait difficile. On s’est passé deux-trois fois et il y a eu ce moment où l’on se touche. Il prend extérieur, je prends intérieur. J’ai essayé et c’est passé. C’était un final de fou. Je crois que je ne revivrai plus jamais ça. » À l’expérience, au courage, Arnaud Demeester s’est accroché à un nouveau sacre et à son deuxième doublé au Touquet après celui de 95-96. Le Dunkerquois ne pouvait pas choisir meilleur moment pour confondre ceux qui pensaient qu’il était gagné par le déclin. « Sandman », libéré de la quête du record de victoires depuis l’an passé, évoluait dans ses pénates touquettoises sans pression.
Il s’était préparé avec sa méticulosité habituelle. S’il avait lancé sa reconversion, avec l’ouverture de son premier centre de contrôle technique automobile, chez lui, à Fort-Mardyck, avait aussi consacré du temps à son brevet d’éducateur lors de stages dans le sud de la France, Le Touquet demeurait encore une obsession. Hier soir, il racontait : « Le Touquet m’a tout donné. Il m’a fait connaître. Depuis 20 ans, ma vie est organisée autour. » Le Dunkerquois vit son métier et sa passion comme un ascète. Souvent, il avouait rouler à Loon-Plage dès le 1er janvier, au matin. Au dernier réveillon, il n’avait pas vu minuit. Déjà couché. Hier soir, il commençait à ranger ses émotions, mais lâchait dans un sourire. « On va se retrouver avec tout mon staff et faire la fête. Je crois qu’on n’est pas couché ! »
Frédéric SOURICE














