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La Voix des Sports - 04/02/2008
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Yves Demaria : « C’est trop rapide, trop dangereux »
Le circuit
Triple champion du monde de moto-cross, Yves Demaria, 37 ans, n’avait plus mis les pieds au Touquet depuis l’âge de 19 ans. En raison d’une chute au niveau de la ligne d’arrivée, sa course n’a pas duré une heure.
Déçu, mais pas abattu, le pilote vedette de l’écurie Yamaha a pu constater la différence entre l’ancienne version de l’Enduro et ce qu’il est devenu aujourd’hui. « C’était quand même nettement mieux avant, mais bon, c’est comme ça, on ne va pas inventer des dunes. C’est devenu trop rapide, trop dangereux, même si le circuit est plutôt bien fait dans l’ensemble. » L’analyse lucide du champion expérimenté qu’il est fait forcément réfléchir lorsqu’on pense à l’accident dramatique de Benjamin Schots en début de course. Yves De Maria a d’ailleurs chuté quasiment au même endroit que le jeune pilote arrageois. « Je suis tombé au niveau de l’arrivée, j’ai pris le guidon dans les côtes, la douleur est ensuite devenue trop intense pour que je continue. » S’il devra vraisemblablement soigner une ou deux côtes cassée, le pilote d’origine marseillaise semble pourtant prêt à revenir au Touquet. « Mais si je reviens, je me préparerais en conséquence, car pour être bon sur le sable cela ne s’improvise pas.
 » Etre un habitué des courses sur sable n’offre malgré tout pas une assurance tout risque. Conscients du danger qui les guette en cas de trop grande vitesse, les pilotes avaient pris les devants pour ralentir le tracé. « Les chicanes rajoutées, c’était très bien, c’est technique, ça ralentit la course, mais à côté de ça il y a des trucs qu’il faut encore revoir » explique Sergeï Potisek, qui était intervenu directement auprès des services techniques la semaine dernière pour rajouter des virages. « Ce qui est arrivé à Benjamin Schots, ça fait froid dans le dos, poursuit-il. Il y avait trois petites bosses de 50 centimètres un peu avant la ligne d’arrivée, on arrivait à bloc dessus. Ces bosses ont été placées là sans l’avis des pilotes. Je peux vous dire qu’on va tous se concerter et que la prochaine fois le tracé sera fait entièrement avec notre aval, cela ne peut pas être autrement. » Après avoir perdu ses dunes, l’Enduropale avait peut-être cru que la vitesse servirait son caractère épique. Après deux éditions 2006 et 2007 qui avaient fait perdre de sa saveur à ce grand rendez-vous de la moto, la course de cette année a failli rendre ses lettres de noblesse à l’épreuve. Quelques bouchons ont fait leur retour après trois ans d’absence et la bataille des leaders fut incroyable. Mais on retiendra d’abord que la vitesse encore trop grande sur le circuit a mis entre parenthèses la vie d’un jeune homme.

Stéphane CARPENTIER


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