La Voix du Nord - 14/02/2008 |
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Sergeï Potisek : « Qu’on fasse confiance à des hommes de terrain »
ENDUROPALE DU TOUQUET - PAS-DE-CALAIS
Sur la piste, il va moins vite que son jeune frère, Timoteï. Mais ne vous y trompez pas, Sergeï Potisek est un fonceur. Après l’Enduropale 2007, le pilote dunkerquois (26 ans) avait adressé aux organisateurs une farandole de notes où il listait des améliorations à apporter. Il a le sentiment de n’avoir été que partiellement entendu. Il souhaite que les pilotes pèsent davantage sur les choix du tracé pour diminuer les risques. Il a compris que ce qu’il appelle le « combat » pour l’édition 2009 a déjà commencé.>> Vidéos, débats : notre dossier Enduro
PAR FRÉDÉRIC SOURICE
sports@lavoixdunord.fr PHOTOS JEAN-CHARLES BAYON ET GUY DROLLET – Sergeï Potisek, dix jours plus tard, que vous reste-t-il de cet Enduropale 2008 ?
« Un peu d’amertume par rapport au travail effectué. Il n’y a pas la récompense (il a abandonné après 2 h 10 de course) pour le travail de mon père, les heures de boulot, même la nuit, pour préparer les motos, l’argent. Je n’ai pas été à la hauteur de ceux qui m’ont fait confiance.
La deuxième chose, c’est que je me suis investi pour ce circuit et je n’ai pas été beaucoup écouté. J’étais énervé sous mon casque pendant la course en voyant certaines choses, puis quand j’ai vu Benjamin Schots à terre. Des chutes comme ça, il y a en a beaucoup dans notre sport. Là, il y avait la télé, donc cela reste dans les esprits. C’est malheureux pour lui. Le circuit n’a pas été tracé par des gars qui font et connaissent la course. C’est comme si demain, on me demandait d’aller arbitrer un match de Coupe du monde de football. Ce n’est pas mon truc. »
– Vous êtes-vous senti en partie responsable de cet accident ?
« Non. Je suis déçu, je n’avais pas vu ces bosses. Le samedi, j’en avais fait raser une, où l’on aurait pu avoir le même accident. On ne peut pas poser des bosses à un endroit illogique par rapport à notre sport. Vous savez, c’est impossible d’être prudent sur un premier tour de l’Enduropale. Les organisateurs doivent davantage écouter les pilotes et nous demander, compte tenu des risques, si c’est bien de les mettre là (les bosses).
Et puis, dans l’accident, on n’a pas parlé d’une chose. Il y avait du vent et pas de pluie. Cela donnait un aspect blanchâtre à la piste, on ne voyait pas bien les variations de niveau. »
– Êtes-vous d’accord sur le procès qui est fait à la vitesse sur l’Enduropale ?
« Non, pour moi, c’est faux. Mais il faut placer des choses adaptées en fonctions des différents endroits. La vitesse, la sensation de peur, l’adrénaline font partie de notre sport. Il faut que des gars comme “Fred” Leumonier, qui organise une belle course à Berck, ou mon père (Rudy) , qui connaissent l’Enduropale, s’en occupent. La “fédé” doit s’occuper de l’administratif et, pour le parcours, qu’on fasse confiance à des hommes de terrain. Il faut que les choses évoluent et que chacun ait sa place. On doit se réunir et travailler ensemble. »
– Vous êtes monté au créneau l’an passé, de votre propre chef, mais il n’y a pas de représentant officiel des pilotes. Et si on ne vous écoutait pas ?
« Les organisateurs n’ont pas le choix. Une erreur a été commise. Le tarif payé a été cher. S’ils sont intelligents, ils comprendront que c’est dans leur intérêt. »
L’état général de Benjamin Schots s’améliore peu à peu, son oedème cérébral continuant de se résorber. Une opération de sa vertèbre fracturée était d’ailleurs programmée hier.














