La Voix des Sports - 30 janvier 2006 |
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L’Enduro du Touquet, maintenant devenu Enduropale avec une course exclusivement sur plage, a depuis sa création en 1975 accueilli de très nombreux pilotes amateurs, notamment régionaux. Pour les motards du Nord de la France, courir l’Enduro au moins une fois dans sa vie est un rêve de gosse, plus accessible qu’un autre mythe comme le rallye Paris-Dakar.
Mais s’aligner sur la grille de départ est une chose, finir la course en est une autre. Aujourd’hui plus que jamais, l’épreuve devenant de plus en plus une course de cross sur sable et non plus un enduro dans les dunes, une préparation intensive de la moto comme du pilote est nécessaire.
Pour ceux qui voudraient tenter l’aventure, voici quelques conseils recueillis auprès de Frédéric Roussel, pilote du championnat des Flandres de cross sur terre et responsable du rayon moto-cross chez le concessionnaire lillois Bossaert Motos. Après avoir couru trois fois à Fort-Mahon et une fois à Hossegor, Frédéric participera cette année à son premier enduro du Touquet.
La préparation physique est essentielle
« La préparation physique de fond est essentielle. Dans une course sur sable, les motos sont plus puissantes, plus rapides que dans les épreuves sur terre ou dans la boue. Le parcours de l’Enduropale se révèle même encore plus difficile qu’avant puisqu’il est maintenant agrémenté de chicanes, de bosses, de lignes droites avec des creux qui secouent la moto et impose de la maintenir en ligne en permanence. Sans compter que maintenant que le tracé ne passe plus dans les dunes, les spectateurs sont cantonnés derrière des barrières et ne peuvent plus venir aider un pilote ensablé… »
Il est donc essentiel d’arriver dans une condition physique parfaite, en ayant travaillé non seulement les jambes, mais aussi les bras et les épaules, qui vont beaucoup souffrir au cours des trois heures de course. Frédéric s’entraîne non seulement trois fois par semaine à Loon-Plage, mais court en plus deux fois par semaine pour travailler son endurance et pratique le vélo d’appartement pour renforcer ses jambes et son souffle.
Pour la moto, il s’agit essentiellement de renforcer les suspensions, avec des amortisseurs réglés plus dur et une fourche qui devra être capable d’encaisser pendant toute la durée de la course des chocs violents et constants. Il faut trouver une huile de fourche plus fluide que la normale, qui sera capable de conserver ses propriétés d’amortissement dans des conditions extrêmes, notamment de chaleur. Les roues devront être équipées de pneus sable à godets homologués.
Le carburateur devra être réglé attentivement, avec un mélange air-essence plus riche qui tiendra compte du surcroît de puissance nécessaire et de la spécificité de l’air au niveau de la mer. Le filtre à air devra être doté d’une « chaussette » spécifique afin de mieux filtrer le sable et une attention particulière sera accordée à la boîte à air qui devra devenir totalement étanche.
Dans l’idéal, la moto sera équipée d’un réservoir d’essence plus important que celui d’origine. Les réservoir standard permettent de partir avec 7,5 à 8 litres de carburant, ce qui est très insuffisant pour tenir une heure de course. Il faut passer à un réservoir de 12 ou 13 litres et certains concurrents vont jusqu’à monter des réservoirs de 15 voire 16 litres afin de ne s’arrêter que deux fois pour ravitailler. Evidemment, un réservoir plus capacitif alourdit la moto, nécessite plus de puissance et rehausse le centre de gravité de la machine, ce qui la rend plus difficile à contrôler.
De 500 à 700 € la place sur la grille
Si vous possédez déjà une moto adaptée à ce type d’épreuve et la volonté nécessaire pour vous entraîner pour l’Enduro, la seule présence sur la grille vous coûtera entre 500 et 700 euros, selon les largesses que vous pourrez vous accorder, pour payer ne serait-ce que la licence sportive, le carburant, le déplacement, l’hébergement et les multiples petits frais sur place.
L’équipement du motard en lui-même peut représenter de 650 à 1000 euros, selon que vous choisissez du bas ou du haut de gamme, selon le nombre de paires de bottes, de gants et de lunettes que vous prendrez. Les lunettes de cross et leurs « tear-off » (film transparent qui protège la vitre du sabe et que l’on enlève pour éviter d’avoir à frotter les lunettes) peuvent représenter un poste important car une bonne visibilité est fondamentale dans ce type de course.
Si vous choisissez d’acheter une moto spécifiquement pour la course, il vous faudra compter de 4500 à 5000 euros pour une moto d’occasion, à quoi il faudra ajouter une révision complète du moteur et du kit-chaîne, ou de 7500 à 8000 euros pour une moto neuve.
Pendant la course, il faudra assurer soi-même ou payer l’assistance pour les ravitaillements en essence et les réparations éventuelles. A moins de disposer d’une famille dévouée ou d’un moto-club bien organisé, vous pourrez toujours bénéficier des services d’assistance de votre concessionnaire. La plupart des grandes concessions de la région sont présentes pour l’événement et mettent leurs moyens à disposition de leurs clients, gratuitement pour les plus fidèles ou moyennant une participation pour les autres. Bossaert Motos demande par exemple 20 euros par moto.
Tous ces frais ne comprennent pas le coût de l’entraînement qui peut représenter plusieurs milliers d’euros en carburant, pneus et pièces détachées…















