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La Voix du Nord - 05/02/2008
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Un « blockpass » qui restera dans la légende
Quelle course ! Les deux cent mille spectateurs ont sans doute assisté au plus beau duel de l’histoire touquettoise, à l’issue duquel Arnaud Demeester a battu Timoteï Potisek d’une manière peu académique et assez virile qui a beaucoup fait parler.
Il y avait quelque chose d’irréel dans cette lutte de plus de trois heures qui a fait et défait les espoirs dans chaque camp. Pour un peu on se serait cru dans une bande dessinée, avec les bleus de Yamaha et Demeester d’un côté, les rouges de Honda et Potisek de l’autre, et, avec en guise de point final un fait de course incroyable.
À quelques hectomètres de la ligne d’arrivée, les deux pilotes dunkerquois étaient coude à coude lorsqu’ils disparurent de la vue de tous dans un tunnel de quelques mètres. Mais seul Demeester ressortit immédiatement de cette zone d’ombre. Le sextuple vainqueur du Touquet venait en effet d’effectuer un «  blockpass », une manoeuvre qui consiste à couper le virage d’un adversaire pour le propulser hors du circuit. Les images télévisées, filmées en direct depuis un hélicoptère, ne permirent pas de voir ce geste de roublard d’Arnaud Demeester. Seule une petite partie du public massé à cet endroit a pu observer les faits.


Viril mais correct

Sur les rares photos de cette scène digne de Mad Max prises par des amateurs, on remarque que Timoteï Potisek se retrouve collé à des ballots de paille, à l’arrêt. Il perdra plusieurs précieuses secondes, perdant ainsi définitivement la course. Sur le coup, beaucoup crièrent au scandale, estimant que Demeester venait de bafouer l’éthique sportive.
Plutôt courant dans les courses de motocross, le « blockpass » est néanmoins une arme beaucoup moins souvent utilisée lors des épreuves de trois heures sur sable. Il y est en effet très rare de voir deux pilotes roue dans roue dans le dernier tour. Cette fois-ci, Demeester a compris qu’il devait jouer une dernière carte. Il venait d’être rattrapé par Potisek, qui avait pourtant accusé à un moment plus de deux minutes de retard et qui était donc plus rapide sur le final. Si la foule resta un moment incrédule après ce geste, les spécialistes étaient quant à eux beaucoup plus avisés.
Et même dans le camp des Potisek, on ne chercha pas à créer une polémique. « C’était viril, mais il a le droit de le faire. Je suis impressionné, Arnaud est un grand champion », lança Philippe Godyn, l’un des mécanos du clan rouge, pourtant très déçu du résultat final.
Entre Timoteï Potisek, 24 ans, et Arnaud Demeester, de dix ans son aîné, l’expérience a donc parlé. Si le jeune vaincu a déjà soif de revanche, il faut espérer que le vieux briscard soit tenté de revenir l’an prochain pour tenter d’emporter une huitième victoire. En effet, on attend déjà impatiemment les retrouvailles. • 
ST. C.

Photographe amateur et passionné de l’Enduropale, Nicolas Caretti nous a fait parvenir hier les documents ci-dessus qui illustrent le duel entre les deux pilotes sous le fameux tunnel.


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