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La Voix du Nord - 09/09/2006
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Quand Fourmies prend le Pro Tour en pleine face...
 Relancé dans une formation de seconde zone, l’ancien champion du monde Igor Astarloa sera l’une des têtes d’affiche à Fourmies. Les héros sont fatigués. Traditionnellement, les deux derniers mois du calendrier international, qui s’achèvera le 15 octobre avec le Chrono des Herbiers, posent un sérieux casse-tête aux coureurs, aux dirigeants et aux organisateurs. Des difficultés amplifiées par le calendrier du Pro Tour. Le Grand Prix de Fourmies n’y échappe malheureusement pas...

PAR FRÉDÉRIC RETSIN
sports@lavoixdunord.fr PHOTO AFP

La saison s’achève-t-elle après le Tour de France ? Chaque année, c’est un peu comme si toutes les vedettes décidaient de fermer la boutique après la grande « kermesse » de juillet. Une habitude qui ne date pourtant pas d’hier.

Pour les organisateurs comme pour la plupart des manageurs, la tête de Turc c’est le Pro Tour ! Demain, à Fourmies, les têtes d’affiches seront emmenées par Robbie Mc Ewen, Philippe Gilbert et Igor Astarloa, un ancien champion du monde relancé dans une formation de seconde zone. On a connu mieux !

Cerise sur le gâteau, l’organisateur Alain Mermilliod a aussi enregistré le forfait de l’équipe Cofidis. Cette semaine, le fleuron régional a préféré battre en retraite sur ses terres plutôt que d’exposer une partie de son effectif (qui achève aujourd’hui le Tour de l’Avenir) à « l’esclavagisme » d’un voyage en pleine nuit.

« Nous faisons face aux conséquences de nos obligations dans le Pro Tour, se défend le manageur de l’équipe nordiste, Éric Boyer, qui vise ouvertement la lourdeur du calendrier. L’UCI l’a encore densifié en nous obligeant à aller en Pologne ou à disputer le contre-la-montre par équipes d’Eindhoven. Je me demande ce qu’on fait là ! Trop de courses s’entremêlent. Je sais qu’il faut préserver notre patrimoine cycliste auquel Fourmies appartient. J’ai collaboré à l’organisation de Paris - Nice ou du Trophée des grimpeurs. Je comprends donc la déception de M. Mermilliod. Mais je n’ai plus assez de gars pour honorer convenablement la fin de la saison. »

Sur cinq fronts

Même la Belgique fait la gueule ! Mercredi, les organisateurs du Mémorial Van-Steenbergen râlaient devant leur plateau (sans Boonen). «  La semaine dernière, nous aurions pu courir sur cinq fronts », observe Patrick Lefevere (manager de Quick Step) chez nos confrères flamands du Nieuwsblad. « Mais j’avais 9 coureurs sur la Vuelta et 8 en Pologne. Il me restait 13 hommes en comptant les stagiaires. Impossible de tout faire. Il faudrait arriver à 80 jours de courses "Pro Tour". Trop d’organisations comme le Tour de Romandie, le Tour de Suisse ou le Dauphiné-Libéré se disputent dans une zone géographique restreinte. Ne peut-on pas les regrouper dans une seule épreuve ? On pourrait ainsi récupérer un tiers du calendrier. Les Pro Teams ne disputeraient que 70 % des courses Pro Tour. Ce qui leur permettrait de se présenter plus facilement dans leurs pays d’origine. » En attendant, Lefevere préfère aussi s’aligner pour quelques milliers d’euros supplémentaires en Allemagne plutôt que d’honorer l’engagement initial de son équipe dans l’Avesnois... Mais c’est peut-être ça également le cyclisme pro de demain.t

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