La Voix des Sports - 11/09/2006 |
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Philippe Gilbert n’aime pas sortir accompagné
Grand Prix de Fourmies - La Voix du Nord
Malgré les tracas d’un calendrier qui n’en finit pas de se marcher dessus, le rendez-vous fourmisien s’est encore offert une très belle fête sur les sentes bucoliques d’un Avesnois paré hier de sa plus belle déclinaison de vert sous le chaud soleil d’un dimanche qui nous offrait une prolongation à l’été qui s’achève.Tout au long des boucles plus sécurisantes que celle de l’Amstel Gold Race, le public s’était logiquement massé sur les trottoirs de Trélon, de Sars-Poteries, de Semeries, de Solre-le-Château ou de Ramousies. Un succès populaire qui rassurera les organisateurs.
Mais on retiendra aussi que Fourmies s’est offert un très beau vainqueur. Philippe Gilbert ne déshonorera certainement pas le palmarès. C’était celui qu’on attendait en cas de défaillance de Robbie McEwen (vainqueur la veille de Paris-Bruxelles) et de ses équipiers. Une ponctualité qui ajoute du crédit au panache et à la prestation réalisée par le Liégeois (originaire du village de Remouchamps situé au pied de la côte de La Redoute marquant le final de Liège-Bastogne-Liège).
Pour sa quatrième saison sous les ordres de Marc Madiot (représenté hier par son adjoint Martial Gayant, un ancien lauréat de l’épreuve qui connaît parfaitement toutes les subtilités du circuit fourmisien), Gilbert a pris du volume. Ils ont quand même une sacrée chance ces Belges !
Hier, on l’avait déjà recensé dans le groupe des 27 hommes qui avait proposé une petite partie de manivelles au début de la course. Une façon de se tester avant de retrouver calmement le cocon du peloton pour laisser Pétilleau (Jean Floc’h) et Parisien (Tiia-Cref) assurer le spectacle à l’avant. « À ce moment, il fallait laisser les Davitamon se débrouiller et assumer leur supériorité collective », relève son équipier et compatriote – Liégois comme lui ! – Christophe Detilloux qui n’hésite pas à comparer son chef de file à l’ancien champion du monde, Claude Criquielion.
« Les hommes de McEwen ont manqué d’intelligence en laissant filer le duo à plus de onze minutes. Ils ont dû embrayer à 100 km de l’arrivée.
C’était trop tôt pour eux. À deux tours, on a vu qu’ils ne contrôlaient plus rien. Philippe a attendu un peu de mouvement avant de contrer. » Et de quelle manière !
Déjà secoué par deux initiatives brutales de l’inusable Piil (CSC) à 20 km du but, le peloton s’est finalement laissé surprendre par la manoeuvre du Belge, irrésistible dans l’avant-dernière ascension de la côte de la gendarmerie. Seuls, Albasini, Palomares, Salmon et Parisien parvenaient à l’accompagner avant de céder progressivement.
Un joli numéro digne des victoires précédentes obtenues par le Wallon qui s’est le plus souvent imposé en solitaire.
Frédéric RETSIN
Photo Patrick DELECROIX












