La Voix du Nord - 20 octobre 2005 |
![]() |
Le Hainaut un peu plus près des étoiles
En accédant à la Pro féminine, le club espère écrire la plus belle page de son histoire
Président tenace, Jacques Delbreil a échafaudé deux scénarios : dans le premier, « le plus optimiste », son équipe termine la phase régulière du championnat à la 7e ou 8e place et s’offre une place en play-off, ce qui serait absolument épatant ; dans le second, « le plus pessimiste », elle se contente d’une 9e position certes moins réjouissante mais qui lui garantirait quand même le maintien en Pro féminine. Pas une seconde, l’omnipotent dirigeant n’envisage donc pour son club la 11e place, celle du relégable. Exclue de l’histoire la fin en queue de poisson que laissera cependant présager jusqu’au bout, pour chacun des protagonistes du championnat, la date choisie pour la 22e et dernière journée : le 1er avril 2006…
Avec un budget bouclé à la va-vite, passé en un rien de temps de 165 000 E à 265 000 E, le Hainaut sait qu’il ne peut pas se permettre n’importe quoi. À l’effectif de la saison dernière, qui avait accroché sur le terrain la 3e place de Nationale 1, Jacques Delbreil et son nouvel entraîneur, Ion Dobre, appelé à la mi-juin pour prendre la suite d’Anne Tembremande, n’ont apporté que de légères retouches. Ne serait-ce que pour compenser les départs de la Canadienne Stinson, de la Roumaine Hincu et
d’Anne-Sophie Lafitte, les arrivées de Monika Kloudova, Jacqueline Heler, Camelia Antal et Merima Pozegic n’étaient pas du luxe.
Des débuts encourageants
Un peu pris de court par la tournure des événements, pour avoir seulement appris fin mai qu’une place se libérait à l’étage supérieur, alors qu’il était reparti dans l’idée de jouer en Nationale 1, le Hainaut n’a pas eu la partie facile. Seule la signature de Monika Kloudova était acquise quand la DNCG a donné son feu vert ; pour les autres, il a fallu actionner les réseaux. C’est ainsi que l’Américaine Jacqueline Heler est arrivée fin août dans les bagages d’un agent, avec qui Jacques Delbreil avoue
être « en relation depuis longtemps ». Ion Dobre a convaincu sa compatriote Camelia Antal de le rejoindre dans le Nord de la France pendant ses vacances estivales en Roumanie, et la Bosniaque Merima Pozegic a raccroché les wagons en septembre juste avant que les portes ne se referment. Signés le 5 octobre, les papiers officialisant son transfert sont arrivés seulement lundi des Balkans, si bien que la longiligne attaquante (1,91 m) ne pourra pas débuter sous ses nouvelles couleurs avant la 3e journée.
Dans ces conditions précaires, Ion Dobre ne souhaitait pas s’avancer autant que son président avant que ne démarre le championnat, préférant évoquer le maintien pour seul objectif. À vrai dire, le Hainaut ne savait pas vraiment où il mettait les pieds, avant que ses débuts mulhousiens samedi dernier, marqués par une courte défaite (3-2) chez l’un des favoris du championnat, ne lui apportent un encourageant début de réponse. À défaut d’engranger une grosse cargaison de points, Ion Dobre et ses joueuses
continueront d’affiner leurs connaissances lors des prochaines journées, qui leur réservent quand même quelques gros clients à domicile comme Melun ce samedi et Cannes le 12 novembre.
Le Hainaut ne se détournera pas de la voie qu’il s’est tracée. Son approche, commandée à la fois par des impératifs sportifs et budgétaires, consistera à différencier la préparation selon les matchs qui se présentent. Pas la peine d’arriver la veille et de repartir le lendemain d’un match chez l’ogre cannois par exemple. En revanche, quand il s’agira d’aller gonfler sa besace au Cannet, à Saint-Raphaël, à Istres ou à Albi… Quelles que soient les conditions dans lesquelles elles seront placées, Ion
Dobre attendra en tout cas de ses joueuses une implication de chaque instant. De cette abnégation, il en est sûr, naîtra la force du groupe qui seule pourra, au final, faire la différence.
S. CHÉDOZEAU (textes) et B. FAVA (photos)














