La Voix des Sports - 21/08/2008 |
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ATHLÉTISME
Déjà auteur, samedi, d’un fabuleux record du monde sur 100 m, le Jamaïcain a signé une performance encore plus extraordinaire, hier, sur 200 m
À PÉKIN PAR DAVID DELPORTE
« J’y étais ! » Comme au Stade de France le 12 juillet 1998 lorsque les « Bleus » de Jacquet remportèrent la Coupe du monde de football, plusieurs Français présents, hier, dans le « Nid d’oiseau » de Pékin ont eu cette réflexion. « On pourra dire j’y étais », s’exclama ainsi l’ancienne double médaillée olympique de ski alpin, Florence Masnada.
En l’espace de cinq jours, Usain Bolt aura, en effet, offert deux moments magiques. Si le premier avait été ahurissant de facilité (9’’69 sur 100 m en se relâchant à 20 mètres de la ligne), celui réalisé hier en finale du 200 m est peut-être encore plus fort. Car la barre était indéniablement plus haut.
« Je devrais peut-être dire un jour adieu à mon record du monde, mais je ne le vois pas le battre ici », avait confié mardi Michaël Johnson. Ce matin, pourtant, la formidable performance de l’Américain, à Atlanta en 1996, appartient déjà au passé.
Cette fois, Usain Bolt n’a pas coupé son effort, il est allé au bout de sa course. Tout juste a-t-il tourné la tête en franchissant la ligne pour jeter un oeil au chrono. Avant même que celui-ci ne soit ramené de 19’’31 à 19’’30, le Jamaïcain avait déjà filé pour célébrer son triomphe. « Je n’avais jamais espéré ça, assure-t-il. Je savais que la piste était rapide, mais je ne pensais pas que c’était possible. C’est un rêve qui devient réalité. »
Vingt-deux bougies pour « la Foudre »
Plus fort que son idole d’enfance Michaël Johnson, aussi épatant que le nageur américain Michaël Phelps ou tout simplement digne des plus grands superhéros de bande dessinée comme Superman ou Flash Gordon ? Usain Bolt refuse toute comparaison : « Mon surnom est “Lightning Bolt” (1). Et je ne veux pas être le nouveau Michaël Johnson, je veux être moi-même », confia-t-il après sa course, dans une salle de conférence de presse pleine à craquer.
L’enfant de Trelawny, qui fête aujourd’hui ses 22 ans, pouvait difficilement rêver plus beau cadeau que ce deuxième titre olympique, ce deuxième record du monde et ces quatre-vingt-dix mille spectateurs qui lui ont souhaité en chanson un joyeux anniversaire avec quelques heures d’avance.
Programmé pour devenir une star, Usain Bolt avait déjà battu des records de précocité en devenant le plus jeune champion du monde junior, à 15 ans et 322 jours en 2002, ou en faisant passer pour la première fois le record du monde junior du 200 m sous la barre des vingt secondes (19’’93) en 2004.
Des « nuggets » pour le diamant
Le secret de sa réussite ? « Je me suis encore gavé de “nuggets” de poulet frits dans l’huile », confia-t-il amusé. Cela dit, si la diététique n’est visiblement pas sa préoccupation majeure, l’homme avoue, tout de même, avoir soigné un peu son hygiène de vie : « J’adore m’amuser et danser, mais je sors beaucoup moins et je ne bois pas. » Plus sérieusement, le champion n’a pas manqué d’attribuer une grande part de son succès à son entraîneur Glen Mills, qui a su le façonner au fil des années. Et nul doute que le diamant jamaïcain réserve encore de sacrées surprises.
Pour les statisticiens, on précisera que les Américains Shawn Craford et Walter Dix ont pris les deux autres places sur le podium, suite aux disqualifications de Churandy Martina et de Wallace Spearmon. Mais cela semblait, hier, purement anecdotique.
1. – « Lightning » signifie foudre.













