La Voix des Sports - 25/08/2008 |
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Pékin (envoyé spécial). – La nuit a dû être chaude, très chaude, même dans les bars et discothèques de Pékin. Les Français avaient promis qu’ils mettraient le feu en cas de sacre olympique ; ils étaient bien décidés, une fois descendus du podium, à fêter comme il se doit cette exceptionnelle réussite.
« Cette médaille d’or, on ne va pas l’arroser, on va la noyer, annonçait ainsi Bertrand Gille. On a encore du mal à réaliser la quinzaine que l’on vient de vivre, mais ça ne va pas tarder à venir. Nous étions parmi les premiers arrivés au village olympique, on sera les derniers à le quitter. On a vu plein de gens se mettre en habit de lumière pour le jour J, fêter leurs médailles et nous, on se demandait si nous aurions également cette chance. Maintenant, on y est ! » Le pivot du HSV Hambourg a ainsi vécu, à trente ans, le plus beau moment d’une carrière pourtant déjà bien remplie.
« Nous n’avons pas fait le match parfait, mais on s’est fait un coussin suffisamment confortable pour pouvoir gérer, poursuit-il. Bien sûr, avec huit ou neuf buts d’avance, on a forcément pensé au titre, mais on a fait en sorte de rester vigilant. On aurait eu trop l’air con de se faire remonter juste à cause d’un relâchement. »
Véritable héros de cette finale, en se montrant aussi infranchissable que la muraille de Chine, notamment en première période, Thierry Omeyer avoue avoir attendu les deux dernières minutes pour lâcher totalement la pression. « Participer aux Jeux, c’est déjà quelque chose de grand. On rêvait de jouer cette finale, on a fait un grand match, s’enthousiasmait-il. Bien sûr, un gardien est souvent déterminant en hand, bien sûr je suis très heureux d’avoir fait un grand match, mais franchement ma performance est anecdotique. Ce qu’il faut retenir, c’est ce groupe de quinze garçons qui ont tous fait de belles choses durant ce tournoi. »
Didier Dinart savourait, lui, les progrès accomplis par cette équipe de France au fil des années. « On a su tirer les enseignements des échecs de Sydney et d’Athènes, insista-t-il. Désormais, on a tout fait. Maintenant, on va pouvoir apprécier car même si la finale a été plus simple que la demi-finale contre les Croates, ça a tout de même été très stressant. Plus le match avançait, moins on en voyait la fin. » Élu meilleur joueur du monde, il y a quelques semaines, Nikola Karabatic avoua, pour sa part, avoir vécu avec une énorme intensité les derniers moments de la rencontre : « À deux minutes de la fin, on s’est regardé et on s’est dit “ça y est on l’a fait”. J’ai vu la joie dans les yeux des autres, des sourires, plus personne n’était vraiment dans le match, confia-t-il. C’est un aboutissement. J’ai tout gagné en club, je suis champion d’Europe et champion olympique. Même dans mes rêves, je me disais que ce n’était pas possible. Même si on a dégagé une grande force durant toute la compétition, nous étions prudents. Nous savions que ça tenait à peu de choses et que l’on pouvait rentrer à la maison à n’importe quel moment. Sur le podium, j’ai repensé à cette saison de fou. » La fête pouvait alors commencer.













