C’est LE club des années 2000. Entamée en 2002 avec une victoire finale sur le RC Lens, la cavalcade de l’Olympique lyonnais s’est depuis poursuivie sur un rythme soutenu, sans connaître de vrais temps morts si l’on en juge par l’hégémonie persistante sur le football français des « Gones ».
À tel point qu’on voit mal, aujourd’hui, comment la redoutable machine de guerre bâtie patiemment par Jean-Michel Aulas – et sans cesse améliorée au fil des saisons – pourrait perdre le championnat qui s’annonce.
PAR PIERRE DIÉVAL
On admire Lyon pour son impact (énorme) sur la Ligue 1, pour son ambition surdimensionnée, mais tellement bien adaptée au monde qui l’entoure, pour sa capacité à ne jamais être rassasié, pour sa gestion elle aussi en phase avec les exigences du football d’aujourd’hui, pour le professionnalisme de ses hommes, qu’ils soient joueurs, dirigeants ou entraîneurs. « Vous ne gagnez pas avec des dilettantes », confiait récemment Gérard Houllier, parfait symbole d’un OL qui a un appétit d’ogre et qui n’entend donc pas s’arrêter en si bon chemin.
Le club rhodanien que Jean-Michel Aulas a façonné selon ses goûts et avec le professionnalisme qui le caractérise, a pris en peu de temps une avance considérable sur l’ensemble de ses adversaires hexagonaux, se fondant dans son vaste projet de conquête de l’Europe avec une conviction, une régularité et une foi dignes assurément des plus grands.
Si l’Europe justement ne lui a pas encore permis d’accéder là où il rêve d’être – c’est-à-dire sur le toit de la Ligue des champions – en dépit de résultats globalement très positifs, l’OL a prouvé néanmoins, lors de sa dernière campagne internationale, qu’il avait désormais le coffre pour mettre ses actes en harmonie avec ses ambitions. Milan (en quarts de finale) fut un accroc. Mais peut-on décemment reprocher aux Lyonnais de ne pas avoir été à la hauteur sur ce coup-là ?
Le succès étant un incomparable moteur quand on a en soi l’envie de réussir, les Lyonnais repartent au combat avec l’objectif de réussir sur tous les fronts, le championnat demeurant toutefois aux yeux de Gérard Houllier l’élément pivot de toute entreprise d’envergure. « Personnellement, je persiste à penser que le plus beau des trophées, c’est le titre national. L’objectif numéro un sera donc le championnat, d’autant qu’à ce jour aucun club d’un grand pays de football n’est parvenu à aligner six titres consécutivement. Le championnat demeure la référence. Ensuite, il y a les différentes coupes et derrière tout ça la volonté d’aller le plus loin possible. »
Les arrivées récentes de Jérémy Toulalan (Nantes), Kim Kallström (Rennes) et Sébastien Squillaci (Monaco) s’inscrivent parfaitement dans la politique de recrutement ambitieuse voulue par Jean-Michel Aulas, ainsi que dans les plans de travail de Gérard Houllier qui veut donner à son équipe une nouvelle dimension à l’échelon européen.
« Aujourd’hui, mon premier objectif, c’est que certains joueurs de l’effectif prennent une classe mondiale. Il y a, à Lyon, deux ou trois éléments qui peuvent franchir un cap... »
Grandir encore, avancer inexorablement, tendre sans cesse vers la perfection, imposer une image d’excellence durable au plus haut niveau… Voilà le grand dessein lyonnais au seuil d’une saison qui, malgré le retour tardif des neuf internationaux du club retenus il y a quelques semaines par la Coupe du monde, devrait une nouvelle fois mettre en lumière la cohérence et la fiabilité des méthodes de Jean-Michel Aulas, un président qui ne plaît pas à tout le monde – qui irrite même parfois beaucoup – mais dont le savoir-faire, l’opiniâtreté et la justesse d’analyse sont aujourd’hui incontournables dans le petit monde du football français.
Qu’on le veuille ou non, Lyon c’est aussi et surtout Jean-Michel Aulas…