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La Voix des Sports - 30/07/2007
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Avec Guy Roux, les Lensois veulent tourner la page
Racing-club de Lens

Quand il est arrivé à Lens, le 5 juin, Guy Roux a su tout de suite émouvoir son monde : « J’ai toujours aimé ce club. Je n’oublie pas que le soir de mes soixante ans, le stade Bollaert qui accueillait un Lens-Auxerre, m’a souhaité un bon anniversaire géant sur ses banderoles. Puis, on m’a remis une lampe de mineur que j’ai, d’ailleurs, toujours sur ma cheminée… » A croire, finalement, que les deux parties étaient faites l’une pour l’autre et qu’un jour, le club le plus populaire de France réserverait une place à l’entraîneur le plus connu de France.


On sait cependant que les choses ne s’enclenchèrent pas aussi facilement, le moment venu. D’abord, parce que dans la continuité ou presque d’une fin de championnat éminemment douloureuse, Gervais Martel dut gérer en priorité une situation sportive devenue brutalement délicate en raison du retrait volontaire de Francis Gillot ; et veiller à ce que la déception ne se transforme pas en traumatisme.
Le président lensois eut besoin d’une dizaine de jours pour gérer ce mouvement dépressionnaire et envisager sereinement la suite de l’histoire.


A cette époque, il n’était en outre évident pour personne que Guy Roux, honorable retraité sportif, repiquerait au jeu sous la forme la plus médiatique qui soit. Avec le recul, il est clair que Gervais Martel a réalisé un superbe coup en fixant son choix, après avoir songé à Frédéric Hantz et à Didier Deschamps, sur ce sexagénaire alerte et toujours bien imprégné de son sujet.
Il a, en effet, effacé d’un seul coup « l’ardoise » du fameux épisode troyen de la fin du championnat (défaite 3-0, perspective de Ligue des champions qui s’évanouit etc) et offert à son club un vecteur de publicité inespéré.


Reste à savoir si cette greffe inattendue peut redonner au RC Lens les bases de progression nécessaires à une nouvelle avancée significative. Le mariage est générateur d’espoirs. Mais devant l’inconnue du terrain, on n’est jamais serein.
S’il a conscience « de prendre un risque énorme » pour son image, Guy Roux n’est pas pour autant inquiet.
Très vite, l’ex-entraîneur bourguignon a d’ailleurs égrené son chapelet de bons mots : « Si je disais toujours, à Auxerre : “Assurons d’abord le maintien”, c’était pour nous prémunir contre le stress. Dans le cas présent, on va essayer d’être en sécurité le plus vite possible pour, ensuite, réaliser un beau final. Le président m’a parlé de la Coupe de France qu’il n’a jamais gagnée. Eh bien voilà, c’est un objectif !  » En essayant de recruter malin, avant et après le départ de Seydou Keita, les Lensois ont voulu verrouiller leur affaire, la patte de Guy Roux se faisant très vite sentir. Akalé, Sablé, Laurenti, Runje, Le Crom, Aubey et récemment Kalou ne sont pas arrivés par hasard. Ils correspondent au profil d’équipe que le « sorcier » apprécie. De l’expérience, du savoir-faire, de la fantaisie et, bien sûr, une bonne dose de rigueur. Les ingrédients de la réussite lensoise et donc de la rédemption du Racing ?

Pierre DIÉVAL
Photo Jean-Yves BONVARLET

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