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La Voix des Sports - 30/07/2007
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Peut-il y avoir une alternative au pouvoir lyonnais ?
Les enjeux de la Ligue 1

On y est presque et, très honnêtement, on ne sait pas trop s’il faut être optimiste ou inquiet. D’un dernier championnat, une fois de plus cadenassé par Lyon, l’opinion publique a retiré la conviction que rien ne sera facile, désormais, pour les adversaires de cet OL-là, bien campé sur ses positions et ses acquis, en avance sur tout le monde en matière de mode de vie et toujours très réactif à l’image de son président.


La mécanique Aulas a pris une telle envergure que les autres n’ont pas eu la capacité de suivre le mouvement, ni même d’esquisser une bribe de contestation.
Bref, s’il fut un temps où l’incertitude planait, en juillet, au moment d’appréhender du regard l’exercice à venir, aujourd’hui la radicalisation prévaut, hélas.
On a beau se dire que tout est possible en football et qu’à force de prendre des claques, les autres clubs de référence du championnat, ou censés l’être, tels que Marseille, Paris, Bordeaux, Monaco, voire Lens et Saint-Etienne, vont finir par trouver la parade - en clair, que la redoutable machine à gagner lyonnaise va s’enrayer un peu sous l’effet conjugué de l’usure du temps et de la fierté retrouvée des autres -, au final, une chape de plomb retombe inévitablement sur les plus belles prévisions de changement.


Même un changement technique d’envergure (Alain Perrin à la place de Gérard Houllier), les frasques d’un attaquant brésilien (Fred) épris de libertés, et la fuite de deux cerveaux (Abidal et Malouda) ne semblent pas de nature à ébranler la furieuse tendance. Avec six titres en poche et un rayonnement bien suffisant pour étouffer le championnat de Ligue 1, à défaut d’étendre durablement son pouvoir sur l’Europe, Lyon roule facile.


Face à la glorieuse incertitude du jeu, on a envie de dire que le sextuple champion a toujours une solution en magasin et qu’en dépit de leur apparente neutralité par rapport à ceux qui sont partis, Belhadj, Bodmer et Keita ont les aptitudes pour maintenir en vie les équilibres essentiels de la maison sur la base d’un collectif de fer.
Mais au-delà de ce débat, une autre question taraude les esprits. Plus sensible stratégiquement, plus ennuyeuse d’un point de vue commercial. Y a-t-il encore un avenir, dans le concert européen, pour une Ligue 1 qui, hormis Grosso (Lyon), Zenden et Cissé (Marseille), n’a pas aimanté beaucoup de stars ?


A l’heure où le championnat vient de perdre Ribéry, Tiago, Kaboul, Malouda, Abidal, Mavuba, Sagna ; à l’heure aussi où Canal +, bâilleur de fonds prioritaire du football français, élève le ton pour regretter le manque d’attractivité de notre championnat, un affreux doute perle, à vrai dire, dans les esprits.
La L1 peut-elle encore mobiliser ?

Pierre DIÉVAL


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