La Voix des Sports - 11/06/2007 |
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Guy Roux : « Je vais me sentir comme un débutant »
Ligue 1
Tout heureux dans son nouveau costume d’entraîneur du RC Lens, Guy Roux savoure le temps de la découverte, avant d’enfiler son survêtement pour une reprise (le 25 juin) qu’il devine pleine d’émotions.
– Guy Roux, pensez-vous faire aussi bien à Lens qu’à Auxerre ?
« Je sais que vous aimez bien comparer les deux clubs. Auxerre est une petite ville, Lens également, mais cette dernière draine bien plus de monde aux alentours, ce qui en fait finalement une grande ville. Il est vrai que les deux clubs ont des valeurs communes. Je pense qu’avec des gens de qualité égale, on peut réaliser les mêmes choses. Et j’ai déjà pu constater qu’il y avait beaucoup de compétences au Racing. Lens, c’est une famille rôdée, unique en France. »
– A Auxerre, le club a toujours eu une vraie stabilité au niveau de ses entraîneurs, ce qui n’est pas toujours le cas à Lens…
« Mon ambition n’est pas de rempiler pour 25 ans. Ce n’est hélas pas possible. J’ai regardé ça aussi avant de prendre ma décision. J’ai constaté qu’il s’agissait souvent de changements liés à la fin de contrat d’un entraîneur. Ce sont des choses qui arrivent. »
– Comment voyez-vous votre rôle ?
« Comme celui de tous les entraîneurs. Je serai sur le terrain, en survêtement, avec la charge de l’équipe professionnelle et une main tendue vers celle de CFA. »
– A ce propos, votre réputation de formateur pose forcément la question du centre de formation. Le public lensois semble attendre avec impatience de jeunes joueurs issus de La Gaillette… « Pour les jeunes, je vais voir avec les cadres du centre de formation. On verra quel est le travail en cours et s’il faut enrichir le centre.
S’il y a des jeunes de qualité, je ne les oublierai pas. C’est pourquoi la CFA reprendra plus tôt, afin d’être au même niveau de préparation que les pros.
Il faut aussi savoir qu’il n’existe pas de génération spontanée, cela dépend du talent des joueurs. »
– Vous avez déjà pris vos renseignements à ce sujet ?
« Je sais que Lens a une génération très forte en 16 ans. Mais il faut encore lui laisser trois ans pour travailler. A condition de ne pas se faire voler nos jeunes, car les prédateurs anglais ne sont jamais très loin… »
– Vous avez l’expérience des longues saisons, cela peut aider le Racing, notamment en cas de qualification en UEFA… « J’ai terminé à Auxerre après plusieurs saisons d’affilée à plus de cinquante matchs. Si vous vous demandez pourquoi tant d’entraîneurs sont usés, voici la raison. Néanmoins, je dois avoir compris deux ou trois choses car le 59e match de ma dernière saison, on l’a gagné. C’était la finale de la Coupe de France. On avait su régénérer l’effectif en fonction de cet objectif. »
– Avez-vous déjà vu certains joueurs ?
« Non, beaucoup sont en vacances. J’ai juste vu Aruna Dindane qui est passé voir le staff médical. J’aurais été bien incompétent si je n’avais pas fait le chemin pour le rencontrer, discuter avec lui, de sa blessure, mais pas seulement. »
– Lens est un club qui aime fonctionner en équipe, cela vous convient-il ?
« Écoutez, depuis l’annonce de mon arrivée, il y a eu une vingtaine d’heures de travail et je constate que tout le club est sur la même longueur d’onde. Cela me va parfaitement. »
– L’actualité, ce sont les transferts…
« Et vous ne saurez rien, c’est une règle évidente. Tout le monde doit tenir cette consigne, pas de noms tant que cela n’est pas officiel. Il y aura une règle : personne ne partira tant que le remplaçant ne sera pas arrivé. Je sais qu’il y a des rumeurs, mais on ne bâtit pas un effectif en lisant le journal ! Un étudiant a fait un travail sur les bruits de transferts : il en résulte que tout ce qui est écrit en mai est faux à 90 %. Cela tombe à 75 % en juin. »
– Le club et ses supporteurs ont vécu une terrible déception après le match de Troyes. Le ressentez-vous ?
« Si j’étais un entraîneur étranger qui arrive dans un club qui vient de terminer cinquième, je me dirais que je tombe dans un bon club.
Cinquième, ce n’est pas catastrophique, si je peux faire aussi bien, je signe tout de suite. Dans le cas de Lens, c’est le scénario qui est une catastrophe, pas la cinquième place. »
– On dit que Lyon est une Ferrari, que souhaiteriez-vous pour Lens ?
« Si on peut en faire un beau TGV, ce serait bien non ? »
– Et le fameux bonnet, vous le porterez en sang et or ?
« Bien sûr ! J’ai un principe, je bâche à 10 degrés. Dès que la température passe en dessous, je couvre ma tête. Je porterai donc mes nouvelles couleurs. »
– Les matchs face à Auxerre auront forcément une émotion particulière… « Non. La plus grosse émotion, ce sera le jour de la reprise, quand je serai sur le terrain au milieu des joueurs. Ce sera la même qu’en 1961 quand j’avais pris les rênes de la DH à Auxerre. Ce sera la même qu’en 1980 avec le premier groupe professionnel de l’AJA. Je me sentirai comme un débutant ce jour-là. Ensuite, chaque match est une émotion, c’est une grand messe, il y a un trac évident. A Auxerre, il y aura une émotion particulière, mais il y aura sans doute plus fort. »
– On vous sent impatient de mordre dans cette aventure…
« C’est la passion qui me guide. Pour cela, il faut la santé, je l’ai. Il y a eu quelques soucis, mais rien de grave. Je suis conscient de la responsabilité qui est la mienne. J’ai la chance de me voir offrir une seconde vie d’entraîneur, je souhaite qu’elle soit aussi belle que la précédente. »
– Guy Roux, pensez-vous faire aussi bien à Lens qu’à Auxerre ?
« Je sais que vous aimez bien comparer les deux clubs. Auxerre est une petite ville, Lens également, mais cette dernière draine bien plus de monde aux alentours, ce qui en fait finalement une grande ville. Il est vrai que les deux clubs ont des valeurs communes. Je pense qu’avec des gens de qualité égale, on peut réaliser les mêmes choses. Et j’ai déjà pu constater qu’il y avait beaucoup de compétences au Racing. Lens, c’est une famille rôdée, unique en France. »
– A Auxerre, le club a toujours eu une vraie stabilité au niveau de ses entraîneurs, ce qui n’est pas toujours le cas à Lens…
« Mon ambition n’est pas de rempiler pour 25 ans. Ce n’est hélas pas possible. J’ai regardé ça aussi avant de prendre ma décision. J’ai constaté qu’il s’agissait souvent de changements liés à la fin de contrat d’un entraîneur. Ce sont des choses qui arrivent. »
– Comment voyez-vous votre rôle ?
« Comme celui de tous les entraîneurs. Je serai sur le terrain, en survêtement, avec la charge de l’équipe professionnelle et une main tendue vers celle de CFA. »
– A ce propos, votre réputation de formateur pose forcément la question du centre de formation. Le public lensois semble attendre avec impatience de jeunes joueurs issus de La Gaillette… « Pour les jeunes, je vais voir avec les cadres du centre de formation. On verra quel est le travail en cours et s’il faut enrichir le centre.
S’il y a des jeunes de qualité, je ne les oublierai pas. C’est pourquoi la CFA reprendra plus tôt, afin d’être au même niveau de préparation que les pros.
Il faut aussi savoir qu’il n’existe pas de génération spontanée, cela dépend du talent des joueurs. »
– Vous avez déjà pris vos renseignements à ce sujet ?
« Je sais que Lens a une génération très forte en 16 ans. Mais il faut encore lui laisser trois ans pour travailler. A condition de ne pas se faire voler nos jeunes, car les prédateurs anglais ne sont jamais très loin… »
– Vous avez l’expérience des longues saisons, cela peut aider le Racing, notamment en cas de qualification en UEFA… « J’ai terminé à Auxerre après plusieurs saisons d’affilée à plus de cinquante matchs. Si vous vous demandez pourquoi tant d’entraîneurs sont usés, voici la raison. Néanmoins, je dois avoir compris deux ou trois choses car le 59e match de ma dernière saison, on l’a gagné. C’était la finale de la Coupe de France. On avait su régénérer l’effectif en fonction de cet objectif. »
– Avez-vous déjà vu certains joueurs ?
« Non, beaucoup sont en vacances. J’ai juste vu Aruna Dindane qui est passé voir le staff médical. J’aurais été bien incompétent si je n’avais pas fait le chemin pour le rencontrer, discuter avec lui, de sa blessure, mais pas seulement. »
– Lens est un club qui aime fonctionner en équipe, cela vous convient-il ?
« Écoutez, depuis l’annonce de mon arrivée, il y a eu une vingtaine d’heures de travail et je constate que tout le club est sur la même longueur d’onde. Cela me va parfaitement. »
– L’actualité, ce sont les transferts…
« Et vous ne saurez rien, c’est une règle évidente. Tout le monde doit tenir cette consigne, pas de noms tant que cela n’est pas officiel. Il y aura une règle : personne ne partira tant que le remplaçant ne sera pas arrivé. Je sais qu’il y a des rumeurs, mais on ne bâtit pas un effectif en lisant le journal ! Un étudiant a fait un travail sur les bruits de transferts : il en résulte que tout ce qui est écrit en mai est faux à 90 %. Cela tombe à 75 % en juin. »
– Le club et ses supporteurs ont vécu une terrible déception après le match de Troyes. Le ressentez-vous ?
« Si j’étais un entraîneur étranger qui arrive dans un club qui vient de terminer cinquième, je me dirais que je tombe dans un bon club.
Cinquième, ce n’est pas catastrophique, si je peux faire aussi bien, je signe tout de suite. Dans le cas de Lens, c’est le scénario qui est une catastrophe, pas la cinquième place. »
– On dit que Lyon est une Ferrari, que souhaiteriez-vous pour Lens ?
« Si on peut en faire un beau TGV, ce serait bien non ? »
– Et le fameux bonnet, vous le porterez en sang et or ?
« Bien sûr ! J’ai un principe, je bâche à 10 degrés. Dès que la température passe en dessous, je couvre ma tête. Je porterai donc mes nouvelles couleurs. »
– Les matchs face à Auxerre auront forcément une émotion particulière… « Non. La plus grosse émotion, ce sera le jour de la reprise, quand je serai sur le terrain au milieu des joueurs. Ce sera la même qu’en 1961 quand j’avais pris les rênes de la DH à Auxerre. Ce sera la même qu’en 1980 avec le premier groupe professionnel de l’AJA. Je me sentirai comme un débutant ce jour-là. Ensuite, chaque match est une émotion, c’est une grand messe, il y a un trac évident. A Auxerre, il y aura une émotion particulière, mais il y aura sans doute plus fort. »
– On vous sent impatient de mordre dans cette aventure…
« C’est la passion qui me guide. Pour cela, il faut la santé, je l’ai. Il y a eu quelques soucis, mais rien de grave. Je suis conscient de la responsabilité qui est la mienne. J’ai la chance de me voir offrir une seconde vie d’entraîneur, je souhaite qu’elle soit aussi belle que la précédente. »
Propos recueillis par Sébastien VARNIER
Photos Karine DELMAS













