La Voix des Sports - 27/08/2007 |
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Devant l’agitation médiatique, Gervais Martel a dû revenir du Touquet, hier midi, pour officialiser l’arrivée de Jean-Pierre Papin.
– Comment réagissez-vous au départ de Guy Roux ?
« Je suis vraiment désolé de sa décision. Quand on s’est rencontré, on croyait tous les deux dur comme fer à quelque chose d’intéressant et positif. Et ça s’est passé de manière très positive malgré ce qu’on a pu écrire et dire. La préparation a été extrêmement pointue et rigoureuse. Il y a eu une mise en place normale comme avec tout entraîneur qui arrive dans un club, avec certaines règles et un certain nombre de choses. Il avait toute autonomie pour le faire.
Après notre défaite à Strasbourg, on est dans une position précaire. Le sport est une chose, mais j’attache beaucoup d’importance aux relations et aux discours francs entre personnes. »
– Quand avez-vous évoqué ses difficultés ?
« Il m’avait dit qu’il sentait que ça serait difficile, on en avait discuté, et on était reparti ensemble au front. Il est revenu me voir en milieu de semaine pour me le dire avec une grande honnêteté. Même quand un président a 20 ans d’expérience, il écoute un Monsieur qui a l’honnêteté et la franchise de venir vous dire une chose comme celle-là.
J’ai compris dans la minute que sa décision était inéluctable et irréversible. Maintenant, je souhaite bonne chance à Guy, un homme foncièrement honnête, qui s’engage à 100 % et a le respect des individus. Si c’était à refaire, j’aurais exactement la même démarche. Ce que Guy a fait mérite un mot : respect, c’est un grand bonhomme. »
– Comment avez-vous choisi son successeur ?
« On a réfléchi entre gens responsables au profil. Ça a été assez rapide, on s’est arrêté sur le profil de Jean-Pierre Papin.
Ça tombait d’autant mieux que Jean-Pierre a été un des premiers que j’ai rencontrés en juin pour remplacer Francis Gillot. Il m’avait alors semblé extrêmement intéressant. Des gens comme ça, il n’y en a pas quarante. Le profil et l’enthousiasme de Jean-Pierre, ce qu’il a fait de manière remarquable sur deux clubs devraient rendre les choses plus facile. Quand je lui ai demandé si je pouvais le rencontrer jeudi, il répondu oui spontanément. Il a une envie forte et folle de venir. J’ai obtenu son accord dans la nuit de jeudi à vendredi. »
– Son manque d’expérience n’est-il pas gênant ?
« L’expérience est une chose respectable, mais à un moment, il faut donner la chance. Par son vécu, sa carrière, il doit rassembler très facilement autour de lui. Il a le profil pour être respecté. Il n’y a pas de raison pour qu’il ne soit pas un entraîneur important dans les cinq ou six prochaines années. Il a le profil, le potentiel et l’envie. Derrière, le club est là. Dans l’organigramme, le sportif prime. Le club est à disposition des joueurs et de l’entraîneur pour les aider si besoin. »
– Êtes-vous inquiet ?
« On est dans une situation pas facile en terme de points, mais loin d’être irréversible. Je garde mon optimisme. On a bâti une équipe de qualité, avec peut-être encore un ou deux joueurs qui peuvent venir. Les joueurs qui sont là, Jean-Pierre les connaît parfaitement. Guy lui expliquera leurs forces, leurs faiblesses, leurs qualités aussi. »
– Les premières échéances arriveront vite…
« C’est important d’avoir tout de suite une compétition à rejouer, on en a l’occasion jeudi avec en plus un match couperet. C’est un moment pas facile, surtout du point de vue humain. Mais derrière, il y a un club solide qui va revenir à un niveau qui correspond à son potentiel. »
– Deux démissions en moins de trois mois ne risquent-elles pas de ternir l’image du RC Lens ?
« Quand les gens prennent ce genre de décision, je crois qu’il faut au contraire leur tirer le chapeau parce qu’ils ont analysé la situation et pris leurs responsabilités, la succession des deux est un concours de circonstances. Lens est un club avec des fondations. C’est dommage mais le foot continue. »















