La Voix du Nord - 28/08/2007 |
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Alors que Guy Roux faisait ses cartons et vivait son dernier jour à La Gaillette, son successeur, Jean-Pierre Papin, était officiellement présenté à la presse. L’ancien Ballon d’Or n’aura malheureusement pas le temps de la découverte car sportivement, le Racing ne va pas bien. Si la situation n’est pas encore désespérée, elle n’en demeure pas moins inquiétante.PHOTO JEAN-YVES BONVARLET
À La Gaillette, on a parfois l’impression de revivre les mêmes scènes. Un parking bondé, une ambiance teintée de tristesse ou d’allégresse, puis une cohorte de journalistes massés dans l’amphithéâtre et de nombreuses questions sur l’entraîneur du Racing. On a vécu la scène fin mai (démission de Francis Gillot), début juin (arrivée de Guy Roux) et le troisième acte a eu lieu hier (arrivée de Jean-Pierre Papin).
Espérons pour le Boulonnais qu’il s’agisse du dernier acte d’une comédie qui a sans doute trop duré. Depuis la cruelle défaite de Troyes, au soir de l’ultime journée du dernier championnat, et les espoirs de Ligue des champions envolés, le Racing s’est précipité dans une drôle de spirale négative. Plus rien ne lui réussit. La venue de Guy Roux s’est transformée en fiasco et Lens est aujourd’hui relégable en Ligue 1. Durant ce laps de temps, le président Gervais Martel a bien perdu quelques kilos mais il a certainement gagné des cheveux blancs, peu habitué à consommer les entraîneurs de la sorte. Deux démissions en trois mois, cela laisse des traces : « Je reconnais que la période n’est pas facile. Je suis réaliste. Mais je ne tombe pas dans la sinistrose. Je fais mes choix dans l’intérêt du Racing et ce qui m’importe c’est le futur, et surtout pas le passé. »
Retour du sourire
À écouter les dirigeants lensois, le retour du sourire est programmé pour bientôt. Il est déjà sur le visage de Jean-Pierre Papin, heureux de trouver un banc en Ligue 1 après une fin d’aventure douloureuse avec Strasbourg. La méthode de l’ancien Ballon d’Or sera justement de ramener l’enthousiasme à La Gaillette : « Ma recette, c’est avant tout de prendre du plaisir, de voir les joueurs joyeux. » Remède bien connu des footballeurs : quand rien ne va, il faut positiver. Un état d’esprit qui sied bien à JPP, lequel a toujours su affronter les difficultés de la vie sans perdre son tempérament de gagneur et son… sourire. Les joueurs, « psychologiquement atteints » selon le nouveau coach, auront tout le loisir de découvrir la fameuse « Coupe du couillon », censée égayer les semaines d’entraînement.
Remettre les têtes à l’endroit et trouver les clés des buts adverses sont donc les défis immédiats de Jean-Pierre Papin. Le Racing marque peu. Le passé prolifique du buteur en série que fut JPP aidera peut-être les attaquants artésiens : « J’ai des idées et des convictions. J’ai vu des matchs, il faut s’attendre à quelques changements. Mais le foot, ce n’est pas uniquement marquer des buts, c’est plus complexe que cela. La rigueur est essentielle. »
Des changements, le staff n’en connaîtra pas énormément. L’équipe qui travaillait autour de Guy Roux a été reconduite et renforcée par Sébastien Migné, le fidèle adjoint de Jean-Pierre Papin (lire ci-contre). Sur le terrain dès 17 h, JPP a conduit sa première séance, lancé ses premiers entretiens individuels. Il porte désormais le bonnet, pardon la casquette d’entraîneur du RC Lens. Son prédécesseur, qui a habilement occupé la scène médiatique tout le week-end, s’est effacé hier avec élégance. Il a transmis le témoin avant de rejoindre sa Bourgogne : « Je vais me reposer. Le foot, on verra plus tard, je me verrais bien remettre ça… mais avec des poussins ! » On ne l’y reprendra plus. Sera-t-il regretté à La Gaillette ? Tant de rumeurs courent encore à ce sujet… Son ancien adjoint, Colbert Marlot, tenait à lui rendre hommage : « De Guy Roux, j’ai soigneusement noté quelques formules que je ressortirai à l’occasion. Il est très médiatique, alors il se dit beaucoup de choses mais on a bien fonctionné ensemble. J’étais à sa disposition, j’ai donné tout ce que je pouvais. » Et alors que Guy Roux reprenait la route de la Bourgogne, Jean-Pierre Papin croquait à pleines dents sa nouvelle vie de coach de Ligue 1. Comme aime le répéter Gervais Martel : « Le foot continue. »
lavoixdessports.com
Retrouvez l’interview de Jean-Pierre Papin en vidéo.












