La Voix du Nord - 22/09/2007 |
![]() |
Vedran Runje sans cesse poussé par l’envie de grandir avec le Racing
Il est le Lensois le plus fiable, le plus influent, et même le plus décisif. Souvent chahuté, souvent en déséquilibre par rapport à son plan de route initial, le Racing doit une fière chandelle à Vedran Runje, son gardien arrivé de Besiktas Istanbul à l’intersaison, qui a multiplié jusqu’ici les gestes, les interventions qui font la différence. Ce soir, à Toulouse, le Croate tiendra encore un rôle capital, sur le chemin d’éventuelles reconquêtes.PHOTO JEAN-YVES BONVARLET
Son côté bohème (teint mat, cheveux de jais – longs avec tendance broussailleuse –, biceps saillants, regard vague) fait de lui un personnage à part dont la trajectoire dans le football pourrait s’apparenter à celle d’un joueur instable qui aime le changement.
Unanimité
De Vedran Runje, on avait d’ailleurs une perception un peu floue avant qu’il ne pose son sac à La Gaillette, même si son départ forcé de l’OM (avant un retour au Standard de Liège, puis une immersion en Turquie) n’était lié à aucune sorte d’exclusion à caractère disciplinaire (il fallait alors laisser la place à Fabien Barthez, acheté très cher à Manchester United).
Ses trois années marseillaises (de 2001 à 2004), trop vite refermées à son goût (mais il n’avait pas le choix), l’avaient installé dans un rôle standardisé de « bon gardien, sujet à des variations de forme » et de toute façon pas assez costaud pour lutter avec un « Fabelous Fab » motivé comme jamais à l’idée de revenir au stade-vélodrome. Une étiquette qu’il rejette bien sûr énergiquement, fort de son vécu et d’une palette d’attitudes en rupture totale avec celles dont on veut bien l’affubler.
À vrai dire, Runje fait l’unanimité à Lens, et lui-même s’y sent comme un poisson dans l’eau. Son flegme, hors du terrain, et sa façon bien à lui de commenter les choses, avec l’authenticité de ton qui caractérise un joueur bien dans ses chaussures, témoignent de l’aisance avec laquelle il s’est fondu dans le moule artésien.
« Déjà, il n’y avait pas la barrière de la langue puisque je parle très bien le français. Et puis, je connaissais pas mal de joueurs pour les avoir côtoyés naguère quand je jouais à Marseille. Au niveau des caractères et des mentalités, Lens est aussi un club qui me va bien. Tout le monde y est sympa. Quant à mon rôle dans l’équipe, il est celui que j’imaginais. Vous savez, mon “job”, c’est d’abord d’être gardien ! » « Dans la vie, il faut toujours s’exprimer dans son domaine de prédilection. Je n’ai pas changé. Je suis quelqu’un qui va au fond des choses.
Il n’y a donc pas lieu d’être surpris. Je fais mon métier. »
« Un bon vestiaire »
Calme, posé, réfléchi, le Croate respire la sérénité. Une aubaine car, en ces temps difficiles parsemés de chausse-trapes, le Racing avait grand besoin d’un ultime rempart qui résiste aux pressions venues de loin. Des réflexes, des jaillissements, des impulsions, des gestes qui comptent, de la régularité… Voilà, en condensé, tout ce qui fait la force de Runje, successeur d’un Charles Itandje finalement vite oublié.
Dans la foulée d’une première victoire symbolique, samedi, face à Nancy pour laquelle il contribua d’ailleurs grandement en sauvant l’essentiel sur la fin au prix de deux parades impressionnantes, et au seuil d’une neuvième journée forcément délicate à gérer, en terre toulousaine, Vedran Runje ne veut pas subir la pression du résultat, ni anticiper sur les événements à venir. Il préfère parler, encore et toujours, de Lens, du club et de ce qu’il considère comme des ferments de réussite ultérieure : « Nous avons un bon vestiaire malgré le début de saison. Tout le monde est impliqué. Je sens que ce groupe grandit. Vous me demandez si Lens va aller au-delà ? Je vous réponds que nous avons déjà débloqué notre compteur victoires. Ce n’est pas mal.
Mais Toulouse vient de battre l’OM, à Marseille… »















