La Voix du Nord - 29/11/2007 |
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La déception des Lensois fut à la mesure des espoirs que l’ouverture du score, par Dindane, avait suscitée chez eux. En se faisant rejoindre si près du but, ils ont non seulement gaspillé leurs chances mais aussi démontré que leur santé morale est décidément bien fragile. Et dire que Caen n’avait jamais marqué le moindre but à l’extérieur jusqu’ici !PHOTOS FRÉDÉRIC DOUCHET
Indécrottables Lensois ! Cette fois, ils avaient vraiment tout pour aller jusqu’au bout de leurs idées et donner ainsi de la consistance à leur projet de relance, ce qui en, l’état actuel des choses, constituait assurément une sacrée avancée. Depuis la soixante-dix-huitième minute, moment qu’avait choisi Aruna Dindane pour se muer une fois encore en sauveur de la république et en buteur magnifique, les hommes de Jean-Pierre Papin avaient pris assez logiquement, eu égard à leur emprise sur les événements en deuxième mi-temps, les rênes d’un match qui, précédemment, ne leur avait valu que d’amères constatations, même s’ils ne s’étaient pas retrouvés vraiment en déséquilibre.
Et pourtant…
Leur jeu, dans la continuité d’une période beaucoup plus conforme à leur potentiel supposé, était redevenu direct, vif, crédible. Juste après le génial coup de tête de Dindane, il y avait eu – signe révélateur – une autre séquence très claire dont l’Ivoirien était encore l’auteur. Une poussée, un centre court pour Khiter. Tout ce qu’il faut pour semer le désordre dans une défense. Pour se mettre définitivement à l’abri. Hélas, le buteur décisif de Metz se transforma soudain en statue de marbre. Le ballon du 2-0 s’égara et Lens venait, sans le savoir, d’ouvrir sa garde. Car juste après, un coup franc excentré amenait l’égalisation caennaise.
De quoi casser le plaisir d’un groupe qui croyait naïvement avoir fait le plus dur et replonger tout un club dans les angoisses de lendemains dont on n’imagine plus, aujourd’hui, qu’ils puissent être linéaires. « C’est une saison difficile et ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il va falloir se retrousser les manches », admit un Jean-Pierre Papin d’un réalisme extrême. « Je ne vois qu’une solution pour nous en sortir : continuer à travailler et à jouer comme on l’a fait en deuxième mi-temps. Nous allons nous battre ! » Le plus rageant, dans l’histoire, c’est que les Lensois avaient cette fois tout fait, au sortir d’un premier acte d’une incroyable pauvreté, pour se remettre en ordre de marche, l’entrée de Khiter leur ayant tout de suite permis de trouver de la profondeur sur les axes sensibles du jeu. Des occasions avaient d’ailleurs fleuri comme pour valider l’impression qu’un autre Racing était sorti des vestiaires et que, dès lors, d’autres perspectives s’ouvraient devant lui.
Dindane, déjà à son affaire, avait trouvé un poteau sur sa route à la faveur d’un bijou de lob sur Planté (67e), après avoir été à deux doigts de profiter d’un service de Monterrubio (57e). Ensuite, c’est Khiter qui avait buté sur le gardien caennais (68e).
« Ne me demandez pas d’expliquer pourquoi nous n’avons pas su aller plus loin. Eux, ils ont une demi “occase” et ils mettent le ballon au fond ! » glissa encore « JPP », fort marri. « Il n’y a pas eu de relâchement après notre but puisque nous avons encore une possibilité de marquer. Ce nul ne m’arrange pas… » Les Lensois avaient beaucoup misé sur leurs deux matchs consécutifs à Bollaert. Ils visaient au moins quatre points. Deux seulement sont tombés dans leur musette trouée. Inutile de faire un dessin. Mince consolation : ils ont gagné deux places au classement…















