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La Voix du Nord - 27/12/2007
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Nenad Kovacevic fait la loi du milieu
LE LENSOIS DE L’ANNÉE Notre rédaction a élu le Serbe meilleur joueur du RC Lens pour l’année 2007
 Nenad Kovacevic est devenu l’un des meilleurs milieux défensifs du championnat de France. En à peine quinze mois de présence, Nenad Kovacevic a marqué de son empreinte le collectif lensois. Il est aujourd’hui devenu un joueur emblématique pour le public de Bollaert, qui se reconnaît dans ce vaillant combattant prêt à aller au charbon pour défendre ses couleurs.

PAR STÉPHANE CARPENTIER

sports@lavoixdunord.fr
PHOTO JEAN-YVES BONVARLET

– Nenad Kovacevic, êtes-vous surpris qu’on vous choisisse comme Lensois de l’année ?
« Oui, je suis surpris, mais je suis aussi heureux et fier. Je me dis que depuis mon arrivée ici j’ai peut-être apporté quelque chose et cela me fait chaud au coeur. Et puis je succède à Seydou Keita qui est un immense joueur. Un de mes amis serbes, Ivica Dragutinovic, joue avec lui au FC Séville. Il me chambre souvent en me disant que Lens n’aurait jamais dû le laisser partir. »



– Malgré la barrière de la langue, vous vous êtes très vite intégré.


« Je pense que j’ai une bonne mentalité et c’est un atout. Je dois aussi dire que j’ai été très bien accueilli par tout le monde. On m’a beaucoup aidé car au début ce n’était pas facile, d’autant que j’étais tout seul car mon épouse était restée à Belgrade. Au bout de quelques jours à Lens, j’avais l’impression d’être là depuis plusieurs années déjà. »



– Dans votre pays, en Serbie, que pense-t-on de votre parcours à Lens ?
« Chaque fois que j’y retourne, on me pose énormément de questions. Le championnat de France y est bien suivi grâce au chaînes du satellite et je pense que mes compatriotes sont plutôt fiers de voir l’un des leurs jouer régulièrement. »


– Vous imaginiez-vous jouer un jour en France ?
« La Ligue 1 est un championnat très intéressant et avant de signer à Lens, je regardais déjà des matchs à la télévision. Quand je voyais l’ambiance dans les stades et la qualité du jeu, c’était vraiment très tentant. Lorsqu’est arrivée pour moi l’opportunité de venir à Lens, c’était une véritable progression dans ma carrière, je ne pouvais pas refuser. »



– On vous compare souvent à un guerrier, à un joueur qui sait être rugueux quand il le faut. Cela vous gêne-t-il ?
« Non, c’est comme ça, c’est aussi mon rôle que de ratisser beaucoup de ballons. Je dois faire juste attention à ne pas prendre trop de cartons rouges. Je m’éclate dans mon rôle, c’est à ce poste que j’apporte le plus à une équipe. »



– Avez-vous joué à d’autres postes ?
« Quand j’étais gamin, je jouais attaquant. Comme j’étais doué techniquement, on m’avait surnommé “Pixie”, en référence à Dragan Stojkovic dont c’était le surnom et qui était alors le meilleur joueur serbe en activité. J’ai d’ailleurs gardé ce surnom dans mon pays. Jusqu’à l’âge de 18 ans, j’ai ensuite joué numéro dix. »



– Vous voyez-vous un jour dans un autre championnat ?
« Oui, pourquoi pas, à condition que cela soit pour monter de niveau. Je sais que d’autres clubs étrangers s’intéressent à moi, mais un départ n’est pas encore à l’ordre du jour, je suis lensois à cent pour cent. »



– Que pensez-vous du niveau général en France ?
« Dragutinovic, dont je vous ai parlé tout à l’heure, me dit souvent : “Viens en Espagne, le jeu est plus ouvert”. Il a raison, c’est sans doute plus ouvert, plus spectaculaire aussi, mais tactiquement c’est plus fort en France. »



– Vraiment ?
« Ici, quand tu as la balle, tu ne peux pas te permettre de regarder autour de toi avant de la donner, il faut jouer beaucoup plus rapidement. La Ligue 1 est d’un très bon niveau, mais j’ai l’impression que ce sont surtout les Français qui critiquent leur championnat, alors que vu de l’extérieur tout le monde est d’accord pour dire que le niveau est très bon. D’ailleurs, les plus grands clubs européens viennent faire leur marché chez vous. »



– La France sera justement sur votre chemin lors des éliminatoires de la Coupe du monde…

« Ce sera très dur pour les Bleus (rires). J’ai déjà noté sur mon agenda le match Serbie - France du 10 septembre 2008, à Belgrade. Ce jour-là, mon fils fêtera aussi ses deux ans, il faut que je lui fasse cadeau d’une victoire ! »



– Si vous aviez un modèle, qui serait-il ?
« Incontestablement, ce serait Claude Makelele. J’aimerais courir comme lui à 34 ans. » •
 

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