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La Voix des Sports - 21/01/2008
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C’est ce qui s’appelle manger du « Lyon »
Lens - Lyon
PHOTO Stéphane MORTAGNE Il fallait le voir pour le croire, et pourtant ils l’ont fait. Auteurs d’un match énorme, les Sang et Or ont laminé Lyon, l’incontestable leader du championnat.
Ce matin, en regardant le classement de la Ligue 1, on a d’autant plus de mal à comprendre pourquoi ces Lensois, si séduisants hier soir, sont en position de relégables, juste derrière le voisin lillois, en raison d’une moins bonne différence de buts.
Après six mois de fausses notes dans le staff technique, de cacophonie sur le terrain, de dissonances avec les supporteurs, le Racing a enfin retrouvé une âme qui a de nouveau transformé Bollaert en cathédrale des exploits. Quatre jours après une première embellie face à Nancy, en Coupe de la Ligue, les Lensois n’ont pas seulement confirmé, ils ont aussi redonné espoir à tout un peuple.
La mission ne s’annonçait pourtant pas simple face à la redoutable armada lyonnaise. Le bon début de match des champions en titre, qui remontaient très vite le ballon grâce à Kallström ou Ben Arfa, eut paradoxalement le don de souder le bloc lensois. L’heureuse issue de la soirée prit d’abord forme dans la maîtrise collective affichée par le Racing. Pour la première fois de la saison, on voyait du jeu flamboyant, à une touche de balle, à l’image de ce mouvement digne d’une cour de récréation brésilienne entre Belhadj, Monterrubio et Diane, dont ne profita malheureusement pas Maoulida (13e).
Le Racing n’avait pas marqué, mais les supporteurs pouvaient espérer, quelque chose allait se passer. « On a vu une équipe déterminée, qui allait de l’avant et qui a pris des risques » souligna à juste titre Jean-Pierre Papin. Car après avoir étouffé le milieu de terrain lyonnais en première période, ses joueurs allaient ensuite réussir 45 minutes d’anthologie.
Pendant toute la deuxième mi-temps, ce sont les Lensois qui jouèrent comme des champions en titre. Impeccables en défense, ils affichèrent une adresse impitoyable en attaque, couronnée une première fois par un but teinté d’émotion signé Maoulida. Comme il en a l’habitude, l’attaquant originaire de Mayotte célébra l’ouverture du score en sortant de sa chaussette un message inscrit sur une bandelette. Celui-ci était dédié à sa maman, décédée il y a tout juste un an. Il jeta alors un oeil vers ce ciel qui allait définitivement tomber sur la tête des Lyonnnais.
Intraitables, les Lensois plantèrent un deuxième, puis un troisième but, mais ne se laissèrent pas griser par l’euphorie et gérèrent parfaitement la fin de match. « Il y a une semaine, après la défaite à Paris, on était au fond du trou, soulignait Jean-Pierre Papin. Et là, ce qui nous arrive est magique. C’est le sport, il ne faut parfois pas grand-chose pour changer un monde. » Alors oui, le Racing est toujours relégable, mais il a vraiment changé de dimension.

Stéphane CARPENTIER
Photo Stéphane MORTAGNE

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