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La Voix du Nord - 12/03/2008
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Lille avait les bonnes clés du derby
LIGUE 1. Au terme d’un match qu’ils gérèrent intelligemment, sans s’affoler, tout en sachant marquer deux buts, le LOSC s’offre une précieuse victoire à Bollært
Un bon derby et, en conclusion, un bénéfice appréciable pour des Lillois bien campés sur leurs positions et droits dans leurs chaussures… Voilà, en résumé, la tendance d’une soirée qui projette de façon presque surréaliste le LOSC à la onzième place et qui refroidit à nouveau un Racing incapable de contrarier les avancées de son voisin.

PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS CHRISTOPHE LEFEBVRE ET FRÉDÉRIC DOUCHET


Ce n’était pas un virage essentiel mais l’échéance n’avait évidemment pas un caractère anodin. Un derby Lens - Lille n’est de toute façon jamais neutre, surtout quand il met en scène deux équipes au parcours jusqu’ici erratique et dont on sait qu’elles ont toujours besoin de certitudes pour retrouver un vrai équilibre de vie. Au bout d’une route qui n’a jamais été vraiment dégagée puisqu’il fallut tout de même patienter plus de deux mois pour voir enfin les deux adversaires emblématiques de la région face à face, c’est donc le LOSC qui a tiré le meilleur profit du moment.



Bastos en pole

Faut-il en déduire que l’équipe de Claude Puel a réglé tous ses problèmes, que son horizon s’est subitement éclairé et qu’à l’inverse le Racing, souvent inconsistant dans ses projets de jeu, hier soir, a hypothéqué ses chances de relance en alignant son cinquième match sans victoire en championnat depuis le 20 janvier (victoire sur Lyon) ?


L’entraîneur lillois livre sur le sujet une réponse très claire : « C’est un match en retard qui nous fait du bien mais le plus gros challenge pour nous, c’est samedi (contre Caen) car on n’a jamais gagné deux fois de suite cette saison… » Malgré l’issue favorable et une gestion très saine des événements qui permit très vite à ses joueurs de se positionner dans le match et d’y exercer, en dépit d’une deuxième mi-temps plus laborieuse, une réelle influence, Puel ne dérogea pas à ses principes de base : lucidité, réalisme, mesure.


Les faits sont pourtant très révélateurs : globalement, Lille joua un ton au-dessus de son adversaire artésien, trop souvent englué dans ses mauvaises stratégies d’avant la trêve, affichant plus de maîtrise, plus de sang-froid, plus de flamme dans ses initiatives. Deux d’entre elles, fort bien menées, furent d’ailleurs couronnées de succès et il n’est pas sûr que le LOSC n’aurait pas mérité de s’enfuir plus tôt. Sur l’action du centre tenu de Bastos, à la seizième minute, que Runje négocie tellement mal que le ballon lui glisse entre les mains pour finir sa course derrière la ligne, les interprétations divergent. Mais, au final, on retiendra que Corinne Lagrange n’hésita pas une seconde pour agiter son drapeau.


Lille avait perdu une belle occasion de concrétiser son bon début de match. Mais le même Bastos lui ôta, presque aussitôt, ses regrets (0-1, 17e ).
Logiquement et presque naturellement, le Racing connut alors des moments délicats. Relances approximatives, intentions pas claires du tout, manque de volume physique et technique… En deuxième mi-temps, les Lensois, mus par leur habituelle hargne, se mirent à attaquer le ballon plus franchement, à jouer plus simplement, plus librement.


Pour autant, leur emprise n’était que partielle. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, Mirallas, le solitaire de l’attaque nordiste, s’était extrait de la nasse pour offrir un but « tueur d’espoirs » à l’inattendu Béria (0-2, 83e). La route du succès cette fois grande ouverte pour les Lillois. Et le coup de tête d’Hilton pour le 1-2 (87e) fut presque anecdotique. •
 

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