La Voix des Sports - 17/03/2008 |
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Ils ont encore failli le faire ! S’inspirant de leur incroyable cavalcade d’un certain 4 novembre 2007 contre Saint-Etienne, quand menés 2-0 à la mi-temps ils s’étaient soudain transformés en superbes conquérants de l’impossible, les Lensois avaient, pensait-on, réussi à anéantir les rêves marseillais au prix d’un effort colossal. Même trame, même dramaturgie. Mais au bout du suspense, il y eut ce dernier but de Cissé tellement dur…
Quand elle porte le lourd fardeau de ses échecs, une équipe est souvent vulnérable. Dans le jeu, autant que dans les intentions, le Racing avait eu beau, très vite, s’affranchir des mauvais et douloureux clichés du derby récent, en un éclair il s’était retrouvé cloué au sol, cassé, trituré par un adversaire qui, à en juger par sa froideur d’exécution, n’attendait qu’une erreur pour frapper.
Rude logique contre laquelle les Lensois et leurs belles envies de renaissance étaient venus se briser. Que valaient alors les deux coups francs de Demont dont Rémy et surtout Hilton (de la tête) auraient pu tirer un immense profit (15e, 22e) et les multiples approches, plutôt bien ficelées, qui avaient marqué le début de match artésien ?
Pas grand-chose hélas car, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, Nasri (24e) et Benoît Cheyrou (28e) avaient jailli opportunément pour rappeler que le Racing actuel reste, structurellement, très fragile. Et en outre que les candidats au renouveau n’ont jamais vraiment les coudées franches (0-2).
Deux décalages, deux relâchements défensifs lensois qui à eux seuls synthétisaient justement toutes les misères de ce Racing, beaucoup plus tonique et inspiré que celui du derby, mais toujours pas capable de mettre en harmonie ses intentions avec ses actes. Sur la première séquence, Nasri a tout le temps d’ajuster Runje après que Kaboré eut, à l’origine, piqué un ballon à Belhadj. Quant à la deuxième, elle résulte d’un dégagement mal assuré de la tête de Hilton qui favorise la percée de Cheyrou, plein axe et…
De cette histoire alors bien mal engagée, on retiendra heureusement aussi que les Lensois ne crurent jamais à la fatalité et que d’une ouverture de seconde mi-temps débridée, naquit même un formidable rétablissement, via deux buts de Maoulida (56e) et Mangane (66e) qui, évidemment, ne pouvaient que susciter d’énormes regrets.
Et comme pour mieux démontrer qu’ils sont capables décidément de tout, les hommes de Jean-Pierre Papin et Daniel Leclercq avaient carrément fait sauter le couvercle de la cocotte-minute marseillaise, comme un certain soir de folie face à des Stéphanois eux aussi médusés, Rémy étant cette fois le fil conducteur de la prise de pouvoir sang et or. Pour autant, l’OM n’était pas mort, Cissé non plus…














