La Voix des Sports - 27/03/2008 |
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- Daniel Leclercq
«On se fait la bise, j’ai un profond respect pour lui. C’est quelqu’un d’une exigence extrême, il était sans doute encore plus expansif dans son exigence il y a dix ans. Qu’il soit à nouveau là pour cette finale, c’est un détail d’une extrême importance, notamment par rapport à la préparation. Il a déjà eu ce passage, et pas en tant que joueur mais en tant qu’entraîneur numéro un. Il connaît le passage pour aller chercher la coupe, ça n’a pas de prix. Il va s’en servir, quelle que soit sa place. Il va peut-être retrouver ses notes de l’époque, se servir des moments de préparation, uniques, précis des hommes avec qui il était, peut-être son épouse. Il va s’appuyer sur tout ça pour rentrer dans le même passage. Il a une méthode, un discours. C’est le seul qui a fait gagner Lens. On peut toujours dire qu’on était la génération dorée. Mais il y a le métal des joueurs et le métal de l’entraîneur, les deux sont mélangés, il y a une fusion. Et quand il y a fusion, on ne perd rien du métal. »
- Les liens
«Ils dépassent le cadre du jeu. On a partagé des moments forts, des moments de rires, de joie simple, sans extravagance. Comme cette fois où on a joué au ping-pong avec des portières de voiture à 4 heures du matin, c’était à pleurer de rire. Des moments de vie simplement, parfois douloureux : on a enterré des enfants, des proches. Je suis resté proche de beaucoup, Déhu, Jean-Guy, "Siko", Debève qui passe à la maison une fois par an, et "Vladi" (Smicer), un vrai proche. On était tout le temps ensemble, on avait des affinités. J’étais toujours tout seul en chambre, sauf avec lui.»
- La finale de 2008 ?
«La question ne se pose même pas. Lens, c’est indéniablement le club de mon cœur. J’espère du plus profond de mon cœur qu’il va gagner. Les deux équipes ont le même profil, ça va être tendu. Mais Paris gagne souvent les coupes et il est chez lui, ce sont deux considérations à prendre en compte... Une finale, c’est autre chose que le championnat, on oublie les matchs d’avant. Tout va dépendre de la capacité des joueurs à vouloir se poser les bonnes questions. LA question qui, je pense, se pose à eux, c’est "voulez-vous profiter ou vous dépouiller ?" La finale, elle sert à qui, à quoi ? Au président parce que c’est de l’argent qui rentre, aux supporters parce que tout le monde va être en joie, à l’entraîneur parce que c’est un trophée en plus. Les joueurs, s’ils ont fait une belle finale, ils peuvent avoir des propositions de clubs pour partir en fin de saison. Mais si tout le monde se dépouille pour gagner le titre, ils vont sûrement sauver le club. Il faut bien se préparer pour dimanche, pour pouvoir répondre à ces questions.»
- Le match le plus important de la saison ?
«Non, pour moi ça ne l’est pas. Il reste huit journées, le plus important, c’est celui contre Metz (5 avril). Même si je souhaite la victoire de Lens samedi, si Paris perd, je ne suis pas sûr qu’il aura les capacités à réagir pour se sauver, au contraire de Lens. Et je suis sûr que si Lens gagne, le club se sauvera. Mais négliger ne serait-ce qu’une minute dans la préparation pour la gagner serait une faute professionnelle sans nom.»
- Le parcours actuel de Lens ?
«Il fait qu’on a envie de manquer d’humilité... »














