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La Voix du Nord - 09/04/2008
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Ce n’est plus un âge pour jouer à se faire peur
SAINT-ÉTIENNE - LENS (31e JOURNÉE, MATCH EN RETARD)
 Fabien Laurenti le reconnaît, le match nul concédé à Metz a laissé des traces au moral lensois. Ce soir, Lens dispute le deux millième match en L1 de son histoire. Un anniversaire anecdotique tant sa lutte pour le maintien focalise toutes les inquiétudes et ce qu’il reste comme énergies. Conscient de ses limites, ce soir, le Racing s’est taillé une ambition à sa mesure : ne pas perdre.

PAR ANTOINE PLACER

sports@lavoixdunord.fr
PHOTO FRÉDÉRIC DOUCHET

En matière d’erreurs, le Racing n’est plus à ça près, cette saison. Qu’elles soient d’ordre humain, tactique ou technique, les Lensois les ont accumulées, au point de ne pas avoir franchement créé la surprise, samedi soir, en concédant sur le fil un but stupide face à Metz (1-1). Hier, à La Gaillette, on n’en finissait plus de se flageller : « Des poussins », « des débutants », « une faute professionnelle », le vocabulaire était extensible à l’envi. Mais la cicatrice ne s’effacera pas, même en accentuant la douleur pour faire diversion. Fabien Laurenti avoue : « Vous n’êtes pas bêtes, le moral en a pris un coup. »



« La situation est préoccupante »

Samedi, Lens a joué avec son bonheur, un point c’est tout. Et certaines bourdes sont trop flagrantes pour qu’on ne s’interroge pas sur leurs origines. Le Croate Runje, témoin sans assistance le plus souvent, a légitimement craqué devant tant de laisser aller (1). «  Vedran est un compétiteur né, il a dit ce qu’il avait sur le coeur, a expliqué Papin. Il souffre de la situation, mais j’espère que ça fait mal à d’autres. » On s’excuse d’avance : à d’autres, oui, mais à tout le monde ?


Comme nous le souffle l’expérimenté Robert Budzynski (lire ci-dessous), une telle fin de saison implique un sacrifice de taille : faire passer l’avenir du club avant le sien. Ce n’est pas si simple dans un sport de moins en moins collectif. « Ce serait une erreur de faire chacun son truc de son côté, plaide Laurenti. On doit tous se remettre en cause, individuellement et collectivement. À partir de là, seulement, le groupe avancera. Sinon, ce sera dur. »

Le Racing doit donc écarter le beau (inutile) au profit du laid (efficace). En est-il capable ? « On n’a pas besoin de bien jouer en ce moment pour gagner », soupire le Malien Sidi Keita. Papin s’emporte : « Tout le monde doit se regarder en face : la situation est préoccupante. On va aller à Saint-Étienne pour ne pas perdre. À un moment donné, il faut savoir déjouer ou faire déjouer. »

Dans le «  Chaudron », où l’ASSE dévore ses adversaires les uns après les autres, le Racing va donc essayer autre chose. Pourquoi pas maintenant, en effet. Après, ce sera trop tard.
Exit le 4-2-3-1, donc, et place, sans doute, au 4-3-3, avec un milieu renforcé et le fougueux Belhadj replacé dans les stands. Marco Ramos et Julien Sablé, de retour en grâce, devraient profiter de ces réaménagements tactiques. Objectif : réduire la marge d’erreur et savoir « être tous derrière le ballon » pour mieux défendre, évidemment. « Même si on a de la bonne volonté, on manque de concentration, déplore “JPP”.


On est immatures de ce côté-là : un match dure 90 minutes et, même si on mène 1-0, les dernières minutes sont toujours très dures pour nous.
 » Elles deviennent également compliquées pour le supporteur lensois, qui va finir par s’arracher les cheveux.


Mais celui-ci n’est visiblement pas rancunier : hier après-midi, sous un soleil rassurant, des centaines de fans avaient envahi La Gaillette pour assister au dernier entraînement des Sang et Or avant l’envol pour Saint-Étienne. Avec un espoir au fond des poches : assister en août prochain au 2 007 e match du Racing en Ligue 1.


1. – « Quand on fait des erreurs comme ça, on mérite d’aller en Ligue 2 », avait pesté le gardien croate après Lens - Metz.

 

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