La Voix du Nord - 10/04/2008 |
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Partis pour défendre, les Lensois ont explosé en quinze minutes, hier soir à Saint-Étienne (2-0), et gâché une occasion de se relancer dans la course au maintien. Au-delà des points et du classement, c’est le manque de ressort et la pauvreté du jeu qui inquiètent, à six matchs de la fin.
PHOTO SAMI BELLOUMI
Les grandes déclarations ne résisteront pas au temps qui passe. À force de promettre un « nouveau championnat » dès le match suivant, les Sang et Or vont vraiment y parvenir : ce sera en août, et ça s’appellera la Ligue 2. D’ici là, les minutes filent et les occasions s’envolent comme hier soir, dans le ciel chargé de Geoffroy-Guichard, où Lens n’a pas su rassembler ses forces pour exister.
À Saint-Étienne, les Lensois tenaient une occasion unique de remonter le temps, avec ce match en retard de la trente et unième journée. Seulement, au bout de quinze petites minutes de jeu, les Verts menaient déjà 2-0, grâce à un doublé du puissant Gomis (13e, 15e) et Lens voyait son château de cartes s’écrouler… Lens n’a pas remporté le moindre match décalé, cette saison (Lyon, Lille, Caen et maintenant Saint-Étienne). « On est habitués à recevoir le ciel sur la tête, déplora Jean-Pierre Papin, abattu. Sur notre entame, on fait deux erreurs et on prend deux buts. Le foot, ça se joue aussi avec la tête. Il y avait visiblement quelques joueurs qui n’étaient pas prêts. » À Lens, les têtes souffrent depuis longtemps. Elles n’ont pas résisté aux événements contraires, hier soir. Venu pour défendre avec un 4-1-4-1 renforcé qui n’est pas franchement dans sa culture, le Racing a reçu un KO d’entrée qui lui a imposé une équation insoluble. Et même s’il s’est procuré deux timides occasions (une frappe de Monnet-Paquet boxée par Viviani, 20e ; un centre de Ramos pas assez bien coupé par Hilton au point de penalty, 39e ), le club lensois s’est montré incapable de proposer une réponse crédible à des Verts survoltés, et désormais aux portes de l’Europe (5e).
« On est bien entrés dans le match mais, à 2-0, on a moins produit de jeu », souligna Laurent Roussey, pointilleux après le second succès des siens en quatre jours.
Le Racing, avec un seul changement à la pause (Dindane à la place de Maoulida), a profité de cette légère accalmie pour remettre de l’ordre dans son jeu et une certaine cohérence dans son organisation. Mais sans peser davantage, malgré une tête de Dindane rasant le poteau (65e) et un but de la main refusé à l’attaquant ivoirien (76e). Au contraire, la menace Gomis ne s’est, elle, jamais interrompue (51e, 82e).
« On sent une équipe qui doute et qui ne tire même pas au but, souffla “JPP”. Ça devient compliqué. Il faudra garder l’état d’esprit de notre deuxième période pour aller à Lorient, mais tenter davantage, comme on peut le faire à l’entraînement. »
Le mur se rapproche
Avec Belhadj, Carrière, Dindane et Monterrubio sur le banc, le Racing avait fait des choix qui n’ont malheureusement pas payé. Il a reculé d’une place au classement (17e), ce qui ne change pas grand-chose, au fond, mais doit surtout s’inquiéter d’avoir mis autant de désordre dans son organisation et dans sa capacité à produire du jeu. Le président Martel appelle de tous ses voeux la sérénité observée au mois de janvier.
Elle semble pourtant s’être définitivement évaporée. Et l’on ne voit plus bien ce qui pourrait restaurer la confiance et l’enthousiasme d’une équipe au sein de laquelle les niveaux de forme et de motivation semblent dangereusement hétérogènes. On pourrait dire que tout cela n’est pas nouveau. « Ce n’est pas ce soir que je suis inquiet, cela fait un petit moment », avoua d’ailleurs « JPP ». Alors c’est juste que le mur se rapproche.
Dangereusement.















