La Voix du Nord - 18/04/2008 |
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LENS
La Gaillette, boulevard des angoisses, carrefour des tensions
La Gaillette, boulevard des angoisses, carrefour des tensions
À force de gâcher leur vie, les Lensois se retrouvent dans la peau de condamnés en sursis. À cinq journées de la fin du championnat, leur situation n’inspire que de l’inquiétude. Et c’est Sochaux, équipe en pleine renaissance, qui arrive demain à Bollaert… sur fond de polémiques.PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO FRÉDÉRIC DOUCHET
Toute union a ses limites et il n’est donc pas interdit de penser que le binôme d’entraîneurs lensois Papin - Leclercq, voulu par Gervais Martel au coeur de l’hiver, ne soit pas une garantie inoxydable pour rêver de jours meilleurs ; et, a fortiori, que les deux hommes, ne se fondent pas dans la même harmonie. La rumeur, insistante ces derniers jours, évoque d’ailleurs des divergences de vues entre ceux-ci. Voire même certaines oppositions franches dans le choix, dit-on, de remplaçants en cours de match.
Trop longue disette
Ce que Daniel Leclercq, perché sur des principes de fermeté à l’épreuve du temps, réfute avec une vigueur extrême au point d’ériger ces insinuations en véritable acte de provocation. « C’est pire que la banderole ! », a-t-il tranché hier dans un accès de colère. L’entraîneur à succès du Racing de la fin des années 1990 ne veut pas entendre parler d’interférences, dans le suivi actuel de l’effectif professionnel, avec son collègue Papin, quand bien même il admettrait, à froid, qu’ « il arrive qu’on ne soit pas d’accord et que je lui dise : "Non, il ne faut pas faire comme ça. Ce n’est pas la bonne option…" » ; ou encore que « Jean-Pierre (Papin) a gardé un caractère très joueur ». Interprétation dénuée apparemment d’arrière-pensées mais que l’on pourrait aussi assimiler à une flèche selon l’ambiance du moment.
Bref, on aura compris que la tension est palpable dans l’environnement lensois à l’amorce d’une dernière ligne droite pleine d’angoisses concernant la capacité des Sang et Or à battre Sochaux (ils n’ont pas gagné depuis dix matchs : dernière victoire à Caen, le 10 février) et d’interrogations à propos de la fiabilité du club dans un tel contexte d’urgence.
Qu’on le veuille ou non, ce concept d’une direction technique bicéphale, dicté par des événements contraires, est bancal. Les exemples de réussite de tels montages sont rares et on a envie de dire qu’il serait presque logique que des problèmes surgissent compte tenu des décalages naturels générés par la cohabitation de deux personnages de générations et de sensibilités différentes.
Remonté et donc plus bougon que bavard (quand on le connaît, ça passe mieux !), Daniel Leclercq a évolué, hier, sur un terrain qu’il fréquente volontiers quand la colère gronde en lui : celui de l’humour glacial. « Va-t-on rester en Ligue 1 ? Ah ben oui ! Si j’en suis sûr, c’est que je suis allé mettre un cierge tous les jours. Dès lors, je ne vois pas pourquoi il ne m’écouterait pas là-haut… » Extrait synthétique d’une conférence de presse qui n’en fut pas vraiment une.













