La Voix du Nord - 03/05/2008 |
![]() |
Ce soir (20 h), les Lensois disputent un match brûlant face à Monaco, et n’ont d’autrechoix que de s’imposer pour croire au maintien
Le Racing a suffisamment repoussé l’échéance : dos au mur, il doit s’imposer, ce soir devant Monaco, pour entretenir la flamme du maintien en L1.Après, il sera probablement trop tard.
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO SAMI BELLOUMI
Jeudi midi, Gervais Martel avait déjà « hâte d’y être ». Le président lensois cultive la passion du jeu et du risque depuis toujours, une marotte qui l’a vu réussir au RC Lens des coups fameux et des coups fumants. Ce soir, alors que Bollaert, son théâtre, va balancer entre drame et légèreté, il va vibrer avec l’espoir que les dés vont basculer du bon côté. « Ce sera un match très excitant à jouer, avec des moments d’angoisse comme le sport peut parfois en offrir. Je suis très très confiant », a-t-il lâché instinctivement.
Le boss lensois, qui a passé du temps au chevet du groupe, cette semaine, mise fortement sur son équipe, « la seule qui peut mathématiquement prétendre récolter neuf points, puisque Toulouse et Paris s’affrontent directement », mais aussi sur ses joueurs, qui « sont concernés par la situation du club ». Ceux-là mêmes qui pouvaient encore prétendre à douze points la semaine dernière mais ont explosé au Mans (3-2). Chaque semaine, la fenêtre se rétrécit.
C’est un peu le problème du Racing : dans les discours, on appelle continuellement à la révolte collective. Dans les faits, on sombre tous ensemble. Confiance en berne ou démobilisation ? Martel a son idée : « Les joueurs ont ma confiance. Dans certains cas, le vestiaire explose. À Lens, ce n’est pas le cas. Si on avait un groupe écartelé, des jalousies, on aurait davantage de difficultés. Là, tout le monde va prendre ses responsabilités. » Le Racing cultive un paradoxe profond : plus la saison avance, plus il s’enfonce et moins il semble… s’alarmer. À trois journées de la fin, pourtant, le décor est précaire : Lens, Paris et Toulouse possèdent le même nombre de points (38) mais l’un des trois clubs devra « plonger ». Dans ce contexte de tension, toutes les solutions pour se soustraire à la pression semblent les bienvenues. Ainsi, depuis quarante-huit heures, le groupe prépare la réception de Monaco à Bollaert et non pas à La Gaillette, loin du brouhaha. La communication s’est elle aussi aplanie : les désillusions successives de Jean-Pierre Papin, essoré, ont laissé place à la « positive attitude » de Daniel Leclercq. « Le Druide », longtemps silencieux, a opté pour un discours étrangement optimiste, jeudi, qui ressemblait fortement à un quitte ou double. « Tous les espoirs sont permis », a-t-il affirmé, avant d’enfoncer le clou : « Nous ne sommes pas les plus mal lotis, et nous sommes même les mieux placés (pour le maintien).
Pourquoi se prendre la tête avec une situation loin d’être inquiétante ? ». Vu de Lens, la situation de Toulouse et du PSG, qui s’opposent, est plus compliquée. Quoi qu’ils en disent, les Lensois auront une oreille au Stadium, tout à l’heure, où leur avenir se jouera indirectement.
En cette fin de saison brûlante pour Lens, Leclercq semble avoir les clés de la maison, même s’il souligne que les « choix seront faits en concordance avec le staff ». Les titularisations « surprises » de Boukari et Lacourt, au Mans, portent sa griffe. Son expérience est mise en avant. « La L2, il ne faut pas y penser, explique-t-il. Il ne faut pas la mettre dans l’esprit des joueurs, qui n’ont pas besoin de pression supplémentaire. On doit se lâcher en étant de plus en plus attentifs (défensivement). Cette semaine, on a fait des séances spécifiques où l’application devait être énorme. »
Bollaert, public de L1
Face à Monaco, le Racing espérait pouvoir compter sur le retour de Loïc Rémy pour animer son flanc droit mais le joueur ressent encore des douleurs vives et refuse de jouer sous infiltration. Il faudra sans doute faire sans. Et compter sur un stade Bollaert une nouvelle fois plein et prêt à convertir son sang en or. « Je n’ai jamais eu d’inquiétude par rapport à notre public, glisse Martel. Ce sont des connaisseurs qui ont toujours été présents dans les moments difficiles. » « Ce public extra, c’est aussi la preuve de l’intérêt de rester en L1 », appuie Leclercq.












