La Voix du Nord - 08/05/2008 |
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Un derby qui pourrait entrer dans l’histoire
Rarement une opposition entre Lille et Lens aura suscité autant de passion que celle de samedi. Si le LOSC a l’occasion de pousser les Sang et Or vers le précipice, l’histoire retient toutefois que c’est Lens qui a le plus souvent joué le rôle du bourreau.PAR STÉPHANE CARPENTIER
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO FRÉDÉRIC DOUCHET
Les rivaux nordistes ne sont pas du genre à cultiver les d’états d’âme lorsqu’ils peuvent propulser leur voisin à l’étage inférieur. Même si l’occasion ne s’est que rarement présentée lors des cent un derbys de l’histoire entre les deux clubs, ils ne se sont pas gênés pour enfoncer l’autre.
Il faut remonter au 26 avril 1997 pour retrouver trace d’une dimension aussi intense lors d’un derby. Cette année-là, le LOSC est en perdition. Au soir de la trente-quatrième journée, alors qu’il vient d’enregistrer cinq défaites consécutives, il est condamné à faire un résultat à Bollaert. Un challenge d’autant plus difficile que les Lensois, eux non plus, ne sont alors pas encore assurés du maintien.
« Mathématiquement, nous n’étions pas morts, mais on savait qu’on n’avait plus le droit à l’erreur, se souvient l’attaquant lillois Djezon Boutoille. Les relations entre les deux clubs étaient assez tendues, à mon avis beaucoup plus qu’aujourd’hui, même si entre joueurs on se respectait beaucoup. Je me souviens aussi de l’animosité qui régnait au moment où nous sommes entrés sur la pelouse. À l’époque, Bollaert était en travaux, on avait longé une tribune dans laquelle flottait une banderole en forme de cercueil sur laquelle était écrit “LOSC” . Cela nous avait plus motivés qu’autre chose.
Cela risque d’être aussi houleux pour les Lensois samedi. Mais s’ils ne font pas de calculs, ils peuvent réussir un coup. Ce sera quand même dur pour eux.
J’ai vu les trois derniers matchs du LOSC, c’est vraiment du solide. » Dans le camp d’en face, Mickael Debève se rappelle également très bien le contexte.
« Il y avait une grosse tension autour de ce match. Mais je me souviens surtout que cela n’avait pas été une grande partie. Le jeu était fermé, c’était tendu et même l’ambiance à Bollaert n’était pas terrible ce soir-là. » Vainqueurs 1-0 grâce à un but de Philippe Brunel, les Lensois allaient finalement enfoncer un peu plus le LOSC qui retrouvera la Ligue 2 quelques semaines plus tard.
« Mais je ne me souviens pas qu’on nous l’ait reproché. De toute façon, lorsqu’on est un joueur pro, on ne peut pas faire de sentiments. »
1956 : « Un Lille - Lens dramatique »
En faisant un bond de plus de cinquante ans en arrière, on trouve le seul derby de fin de saison avec une trame similaire. Ainsi, le samedi 12 mai 1956, la France entière découvre le titre de la une de L’Équipe annonçant l’antépénultième journée de championnat : « Le Nord écartelé par un Lille - Lens dramatique. » Avant-dernier du classement, le LOSC doit battre les Sang et Or pour espérer se maintenir, alors que ceux-ci visent tout simplement le titre de champion. Le stade Henri-Jooris sert de décor à l’empoignade où plus de seize mille spectateurs se serrent dans les travées en bois. Dans une chaleur étouffante, les débats sont acharnés. Lens, qui fait figure de grand favori, ne parvient pas à s’imposer (1-1).
Les Sang et Or le regretteront amèrement. Deux semaines plus tard, ils ratent le titre de champion pour un petit point. Quant aux Lillois, ce sursaut leur permettra juste d’entretenir l’espoir puisqu’ils seront finalement relégués après un match de barrage perdu contre Valenciennes.














