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La Voix du Nord - 09/05/2008
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Dix ans après le titre, la peur du vide
Il y a juste dix ans, le RC Lens était à l’aube d’une journée formidable. Celle du titre de 1998. Forcément, le rappel fait mal quand on le met en relation avec le présent.
On a beau se dire que le football se nourrit souvent de cycles, que les clubs ne sont jamais à l’abri de méchants retours de flamme, en arriver là constitue vraiment une monstrueuse incongruité. Dans un souci de sérénité, autant que pour tourner le dos à ce qu’il considère sûrement comme de l’histoire ancienne, Daniel Leclercq, druide à succès de l’époque, a balayé le rappel historique d’un revers de main, hier, non sans avoir rappelé qu’il connaissait bien la date anniversaire du seul et unique titre lensois gravé dans le marbre : le 9 mai 1998. « On souhaite tous que ça se finisse encore bien. En tout cas, on va tout faire pour qu’au final, il y ait au moins du soulagement dans les têtes. Car on n’est pas morts. La meilleure des motivations est de ne pas être favoris de ce derby ! » Réponse en trompe-l’oeil, déviation subtile pour anesthésier le temps qui court, démarche lucide aussi à un moment crucial de la vie du Racing qui, plus que de la nostalgie tiède et larmoyante, requiert avant tout une saine ambition.

Mais comment éviter ce funeste rapprochement ? Comment slalomer entre ces deux épisodes antinomiques, si révélateurs finalement de l’incapacité lensoise à s’inscrire dans la durée d’une vie pleine et harmonieuse ? Les faits sont là : Lens est au bord du gouffre de la Ligue 2, Lens va devoir se battre pour ne pas glisser dans la honte, Lens n’a pas su, sur sa lancée justement d’un titre (1998) mais aussi d’une Coupe de la Ligue (1999) et de deux participations à la Ligue des champions, valider ses acquis avec assez de force pour acquérir une vraie dimension au lendemain de son centenaire.

Ancrage incertain

Le constat brutal ne vise pas seulement Gervais Martel, président de tous les combats dont la personnalité et la fibre affective ont, depuis 1988, grandement servi les intérêts artésiens et qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a pas encore tiré un trait sur le maintien ; mais plutôt tout un ensemble de défaillances structurelles, sportives, humaines qui, peu à peu et de façon pernicieuse, ont fragilisé le Racing. L’échec dans la course à la Ligue des champions, la saison dernière, fut un élément déclencheur. D’autres dérapages suivirent. Dans le choix des hommes, dans la stratégie globale du club.
Jusqu’à cette affaire Cousin (joueur menacé par une frange de supporteurs et contraint de s’exiler en Écosse), presque oubliée aujourd’hui, mais tellement polluante et peut-être même préjudiciable. Des fidèles de Bollaert qui privent le club d’un atout. Un comble !
Qu’il semble loin, hélas, le temps où le soleil du printemps et les belles moissons qui l’accompagnaient, irradiaient les coeurs lensois ! •


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