La Voix du Nord - 10/05/2008 |
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Le derby de la 37e journée est celui de toutes les attentes. Lille gonflé d’ambitions pour l’Europe, Lens entre craintes et espoirs, le décor est drôlement chargé et il ne sera pas directement question de suprématie régionale. Ce soir, c’est la saison prochaine qui s’écrit, déjà.sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS F. DOUCHET ET P. PAUCHET
Ils vont s’avancer avec des sentiments contraires, ce soir, les uns le coeur léger, les autres le ventre noué. Lille et Lens, longtemps au coude à coude au coeur de cette saison particulière, disputent un match des extrêmes.
Une rencontre d’équilibriste pour le Racing, dont le maintien en L1 ne tient plus qu’à un fil, avant de recevoir Bordeaux pour la clôture. Le LOSC, lui, conserve un oeil ambitieux sur la cinquième
place, qualificative pour la Coupe de l’UEFA. La traditionnelle fête du foot nordiste s’annonce épique. « Je ne sais pas si on peut appeler cela une fête, précise d’ailleurs Daniel Leclercq. Tout ce qu’il y a autour de ce match ne me laisse pas présager que ce soit ça… » Ce scénario incroyable était difficilement imaginable en début de saison, alors que Lens avait fondé d’immenses espoirs sur son casting estival et Lille clairement raboté ses ambitions après le départ massif de nombreux cadres.
La patience des uns a finalement survécu aux erreurs successives des autres, l’arrivée précipitée de Jean-Pierre Papin puis celle de Daniel Leclercq offrant une lecture alambiquée de la politique sportive et de la hiérarchisation des tâches.
Ces derniers jours, c’est Leclercq, le troisième technicien de la saison, qui pilote le navire, seul, au quotidien et dans les choix. On ne sait pas encore si le Racing survivra à un exercice chaotique mais, déjà, il est certain que l’attelage ne pourra pas durer ainsi, en L1 ou en L2.
Au LOSC, la ligne directrice est plus claire. Claude Puel est et restera le maître du temple. Il travaille depuis plusieurs semaines sur la composition de son futur groupe et, malgré l’incertitude excitante liée à l’Europe, a déjà effectué certains choix. Celui de ne pas titulariser le Sénégalais Tony Sylva pour les deux dernières rencontres, comme nous vous le révélions hier, n’étant pas le moins fort. Du côté de Luchin, il reste beaucoup de détails à régler, comme savoir qui il faudra remplacer (Sylva, Plestan, Makoun, Fauvergue et peut-être Lichtsteiner), mais les certitudes qui ont émergé sur le jeu d’une formation solide et efficace établissent un socle de travail intéressant.
Le derby de ce soir est attendu côté lillois comme une confirmation de ce potentiel. Pas autre chose. « La situation de Lens n’est pas de notre fait, dédramatise Claude Puel. On n’y fait pas attention. On a un challenge à relever, et on se doit de garder la perspective de la Coupe de l’UEFA jusqu’au dernier match à Lorient. » Ce serait la victoire d’un groupe qui y a cru jusqu’au bout, ne se laissant pas disperser par la difficulté. Le match aller, joué à Bollaert et remporté par le LOSC (1-2) symbolise bien cela, selon Puel. « Le but de Béria contre Lens résume bien l’esprit : des joueurs qui n’ont jamais lâché (dans les têtes), et là qui se sont lâchés. Il faut toujours un petit déclic et sans doute que ce match à Bollaert en fut un. »
Un derby en moins ?
Entre Lille et Lens, ce soir, les chiffres ont choisi leur côté : le LOSC est invaincu depuis le 30 mars (contre Auxerre, 0-2), tandis que les Lensois ont remporté un seul de leurs douze derniers matchs. Surtout, depuis 2003 (succès 2-0), le Racing reste sur deux défaites et deux nuls au Stadium.
Ce soir, pour le dernier match du LOSC à domicile, l’histoire pourrait bégayer à contre-sens : il faut un peu de mémoire à tout le monde pour se souvenir qu’à la fin de la saison 1996-1997, le Racing avait contribué à la descente lilloise en D2 (1-0), Philippe Brunel assommant le LOSC. De l’eau a coulé sous les ponts depuis, mais la possibilité de voir disparaître temporairement un derby est réelle. « On n’en est pas là, freine Puel.
La dramatique, c’est pour vous, nous ne sommes pas dans ce filon-là. » Lens un poil plus, ce matin.















