La Voix du Nord - 11/05/2008 |
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Vainqueurs d’un derby intense (2-1), les Lillois se sont emparés de la cinquième place de L 1 et ont davantage compliqué la situation du Racing, plus que jamais au bord du gouffre. Lens est dix-huitième ce matin, et il lui faudra battre Bordeaux à Bollaert lors de l’ultime journée puis compter sur des faux pas de Toulouse ou Paris. Pour Lille, pas de mal de tête : à Lorient, il faudra valider le passeport pour l’UEFA.sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS STÉPHANE MORTAGNE, GÉRARD BANCKAERT ET CHRISTOPHE LEFEBVRE
Étranges destins croisés que ceux de Lille et Lens, hier soir. Pendant un feu d’artifice étourdissant qui célébrait la victoire des Dogues au terme d’un derby brûlant (2-1), les Lensois étaient déjà le maillot sur la tête, en souffrance, au fond de leur vestiaire. Les Lillois, eux, pouvaient communier avec leur public et s’enlacer sur la pelouse. Terrible instantané de la saison.
Pour le Racing, la défaite est difficile à digérer, les conséquences terribles. Victime de ses lacunes et de désaccords profonds au sein de son staff, le Racing vacille. Daniel Leclercq a imposé Loïc Rémy seul en pointe, hier soir, là où Papin réclamait Maoulida. L’attaquant lensois est entré après la pause, a posé des problèmes, provoqué un penalty, mais c’était déjà trop tard… Tout cela ne facilite pas l’opération survie.
La Ligue 2 est une réalité menaçante, ce matin. « On le demande souvent aux joueurs, mais il faut que tout le monde se remette en question dans ce club », a balancé Maoulida à chaud, au micro de Canal+, visant particulièrement le staff technique.
Les Lillois, eux, n’ont pas tous ces soucis, au contraire : l’Europe se rapproche à grand pas, alors que Saint-Étienne a été tenu en échec à Paris (1-1).
Il faudra un dernier effort à Lorient, samedi prochain, pour le confirmer. Une belle récompense pour un groupe qui n’a jamais lâché, et toujours tiré dans le même sens, même dans les moments les plus délicats.
Hier soir, Lillois comme Lensois ont eu un peu de mal à se soustraire à la densité du scénario. La première période fut verrouillée pendant quarante longues minutes, avant que le jeu rapide du LOSC n’entre en action et ne fasse basculer le derby : sur un déboulé côté droit de Béria relayé par Makoun, Cabaye, étrangement esseulé à l’entrée de la surface, trompa Runje d’une merveille de frappe enroulée du pied droit (1-0, 43e).
Pour Lens, le coup était rude, d’autant que Runje avait déjà fait des merveilles sur une volée somptueuse de Béria (27e).
À la pause, Maoulida était donc enfin lancé dans la bataille. Un changement qui rééquilibra complètement la formation sang et or, qui trouvait là un point d’ancrage devant. Au fil des minutes, le derby perdit en intensité ce qu’il gagna en vivacité et en espaces. Makoun fut tout proche du KO (60e), à bout portant, mais il fallut attendre la rentrée de Frau pour assister au break : l’attaquant lillois, incroyablement oublié au deuxième poteau, transforma de la tête un caviar d’Obraniak en but assassin pour le Racing (2-0, 67e).
Maoulida, lui, trouva la récompense de ses efforts sous la forme d’un penalty généreusement accordé par M. Bré, alors que l’attaquant tombait dans la surface lilloise, penalty converti par Monterrubio (2-1, 69e).
Malicki assure
La fin de match fut particulièrement haletante, débridée même, mais Malicki annihila plusieurs tentatives lensoises, justifiant la confiance de son coach. D’abord en sortant parfaitement dans les pieds de Maoulida, encore lui (73e), ensuite en se couchant parfaitement sur une frappe vicieuse de Monterrubio (88e). En dépit d’efforts dans le « money time », les Lensois durent abdiquer et reconnaître la supériorité du voisin. Une douloureuse défaite qui rapproche le spectre de la L 2. Le LOSC, lui, s’échappe toujours plus haut. Sans se retourner.















