La Voix du Nord - 06/06/2007 |
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Fin de tempête au Racing. Le navire a tangué mais hier, à midi, le président Martel a mis un terme aux bruits de couloir qui ont rythmé la semaine lensoise. Hantz, Papin, Fernandez, les noms de techniciens ont volé mais c’est Guy Roux, le bonnet le plus célèbre de la L1, qui s’est finalement présenté sur les marches de La Gaillette, sourire figé, sous le feu des appareils photos. Le technicien bourguignon avait donné son accord oral la veille, après que Gervais Martel eut une dernière fois tenté d’accrocher une réponse positive de Didier Deschamps, démissionnaire de la Juventus.
« Dans ma tête, j’avais mis Guy Roux sur le papier, batailla pourtant Martel. J’ai toujours été subjugué par les résultats d’Auxerre par rapport à leurs moyens. » Jolie cabriole… Dans tous les cas, le président lensois sait qu’il a touché juste : avec la nomination de l’emblématique Guy Roux, il étanche la soif de ceux qui s’interrogeaient sur l’avenir du Racing, alors donné « perdu » dans ses prospectives. Il ravive du même coup la flamme de l’espoir chez ses supporteurs, accablés par l’épisode troyen et interrogatifs sur la chasse au technicien qui s’était ouverte. En quelques heures, l’arrivée de Guy Roux a balayé la morosité ambiante et fait place nette aux espérances les plus folles.
Risque pour son image
La liaison que viennent d’entamer Guy Roux et le RC Lens peut s’observer sous deux angles bien distincts. Celui du technicien, d’abord : à 68 ans, Guy Roux sait qu’il prend un risque majuscule de froisser une image de gagnant fondée sur de glorieuses décennies à Auxerre, et parfaitement entretenue au gré de ses diverses sorties de consultant, à la télévision comme à la radio. Il vient, également, de briser le charme de son étiquette « monoclub », une rareté en France. D’aucuns se demandent si le technicien bourguignon est capable de réussir ailleurs qu’à Auxerre : s’il se plante à Lens, et lui-même ne l’exclut pas, il redeviendra rapidement le meilleur jardinier de France sur nos écrans publicitaires.
Du point de vue du Racing, cette liaison est déjà une réussite, en terme de communication. Reste le plus gros chantier, celui du sportif. « Le club doit continuer sa progression, insiste Martel, et cela se fait au contact des gens qui ont le savoir. Par rapport à notre réflexion, notre ambition, et notre envie de gagner, je suis sûr d’avoir l’homme idoine. » Qu’attendent les dirigeants lensois de Guy Roux, hormis qu’ils bénéficient de son aura naturelle et de ses réseaux ? Très certainement une poigne de fer sur l’effectif et des méthodes nouvelles. Les choses ont déjà bougé puisque Guy Roux a d’ores et déjà avancé la reprise de l’entraînement de deux jours (25 juin au lieu du 27), changé le lieu de stage (en Suisse au lieu de Vichy) et demandé un audit sur la taille de la pelouse de Bollaert… « Pour moi, les semaines commencent le lundi. Et je suis un adepte de l’altitude, c’est important en début de saison », a précisé le technicien, qui n’a, en revanche, avancé aucun nom de son futur staff technique, sauf à préciser que celui-ci sera à « majorité lensoise ».
Déjeuner avec Gillot
Pourtant, il lui faudra trouver un proche pour jouer le rôle de tampon. Le nom d’Alain Fiard, qui occupe des fonctions au recrutement lillois, a été évoqué. C’est lui, d’ailleurs, qui avait assuré l’intérim en 2001, alors que Roux subissait un double pontage coronarien.
Politique et malin, le technicien bourguignon a précisé que Francis Gillot serait le premier avec qui il déjeunerait vendredi après lui avoir rendu hommage.
S’il a déclaré vouloir « conserver la grande majorité de l’effectif », avec tact, Roux a déjà commencé à plancher sur le recrutement. Son seul nom suffira-t-il par exemple à retenir Seydou Keita, le meilleur Lensois de la saison disposant d’un bon de sortie ? À voir.
En tout cas, il n’a pas promis la Ligue des champions. « Ce ne serait pas honnête de l’annoncer. D’abord, au travail. » Le boulot avant les promesses. Guy Roux, une petite révolution à l’échelle de Lens.
Parcours. – Il fut l’entraîneur emblématique de l’AJ Auxerre pendant près de quarante-cinq ans.
D’abord joueur, de 1952 à 1961, il fut ensuite entraîneur de l’équipe première de l’AJA de 1961 à 2005, à l’exception de la saison 2000-2001, extrayant le club des profondeurs des ligues inférieures (Division Honneur) pour l’amener en Ligue 1. L’AJA est devenue professionnelle en 1980.
Le 23 novembre 2001, après une année sabbatique, Guy Roux fut opéré en urgence d’un double pontage coronarien. L’actuel membre de la cellule de recrutement lilloise, Alain Fiard, qui était alors son adjoint, avait assuré l’interim.
Palmarès. – Sous ses ordres, Auxerre a remporté quatre fois la Coupe de France (1994, 1996, 2003, 2005), réussissant même le doublé Coupe de France - championnat en 1996.














