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La Voix des Sports - 20/11/2006
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« Lille, un concurrent redoutable qui a été sous-estimé »
Franky Vercauteren

 L’ancien milieu des «Diables Rouges» dans son élément: à Anderlecht, son club de toujours… Franky Vercauteren est un personnage incontournable du football belge. Une figure, autant qu’un joueur d’exception, qui marqua profondément l’histoire contemporaine du ballon rond, de l’autre côté de la frontière. L’habit d’entraîneur lui va aussi comme un gant, puisqu’il a gagné le titre de champion de Belgique, au printemps 2006, avec son club de toujours, le Sporting d’Anderlecht. Demain soir, il sera à Lens pour y affronter le LOSC.


– Être entraîneur à Anderlecht, était-ce pour vous un aboutissement ?
« Non, pas du tout. J’avais d’ailleurs toujours dit aux dirigeants que je ne voulais pas être entraîneur principal. Cela dit, quand on m’a proposé le poste (NDLR : après le départ d’Aimé Anthuenis, en 2005), je pouvais difficilement dire non et puis, chemin faisant, j’ai pris beaucoup de plaisir au contact de sensations que je ne pensais pourtant pas connaître. »

– Anderlecht, c’est votre club…
« J’ai une étiquette dans le dos. Anderlecht est mon club, oui, même si j’en ai connu deux autres. » « On essaie d’être une locomotive en Belgique, tout en retrouvant une vraie ambition européenne. »


– Avez-vous eu jusqu’ici des sensations aussi fortes, sur le banc, que lorsque vous étiez joueur ?
« Non, car en tant que joueur j’ai gagné la Coupe d’Europe. Pas la “numéro 1”, mais gagner à ce niveau, c’est toujours quelque chose ! »


– Comment situez-vous Anderlecht, aujourd’hui, dans le contexte européen ?
« Il est en progression, mais pas encore là où il doit être à l’avenir. Anderlecht a une toute nouvelle équipe. Beaucoup de joueurs sont neufs à ce niveau, et ils ne possèdent évidemment aucune expérience de la Champions League. En fait, nous n’avons pas encore pu exploiter notre potentiel sur le plan européen ; ce qui veut dire que nous sommes toujours en retard. »


– Malgré tout, à l’échelle belge, Anderlecht est en avance… « Oui, mais cela a toujours été le cas. On a d’ailleurs coutume de dire depuis longtemps qu’il y a trois grands, et même quatre, dans notre championnat : Bruges, le Standard, Genk et nous. On essaie d’être une locomotive pour le football belge, tout en espérant retrouver une vraie ambition européenne. Mais dans ce domaine, il y a encore du travail ! »


– Avez-vous le sentiment que le Sporting peut redevenir une référence européenne ?
« Ce sera très difficile de gagner la Champions League. À ce niveau, les clubs doivent en effet composer avec des paramètres économiques incontournables. Or, en Belgique, on n’est pas capable de concurrencer le football qui nous entoure. Du moins pas dans ce domaine.
Nous perdons en outre trop vite nos meilleurs joueurs, qui émigrent à l’étranger et parfois même dans des clubs de deuxième rang. Il est toujours agréable, sur le plan sportif, de voir partir un élément à Barcelone, à Milan ou au Real. En revanche, ça fait de la peine de les voir s’engluer dans des championnats pas forcément plus relevés que le nôtre. L’objectif est de garder nos plus belles pointures et de ne plus les vendre ! »


– Concernant la Ligue des champions actuelle, avez-vous des regrets ?
« Des regrets de ne pas avoir pris plus de points (Anderlecht en compte deux, fruits de deux nuls contre l’AEK Athènes et Lille) . Ce n’est pas être prétentieux que de dire qu’Anderlecht aurait dû mieux s’en sortir. Contre Lille, on joue très bien pendant une mi-temps, on mène au score et ensuite, on peine. À Athènes, on devait faire mieux que ce que l’on a fait. Et récemment contre Milan, Anderlecht méritait sans doute un petit point, car on a malmené parfois notre adversaire italien. Sinon, je n’ai pas de plaintes particulières vis-à-vis de mes joueurs. »


– Le match de Lens, demain soir, va donc être décisif ?
« Presque décisif, car tout dépendra aussi de l’autre résultat (AEK Athènes-Milan AC). »


– Quelle perception avez-vous du LOSC ?
« Ce n’est pas pour faire l’hypocrite, mais dès le départ, j’ai dit qu’il s’agissait d’un concurrent redoutable, qui a été sous-estimé.
Mais pas par moi ! »


– Connaissez-vous Claude Puel ?
« Je le connais. On a joué l’un contre l’autre. »


– Était-ce un joueur que vous appréciiez ?
« Je préfère les joueurs qui s’engagent, comme il le faisait naguère, que ceux qui ont trop de respect pour l’adversaire. C’était quelqu’un qui faisait toujours le maximum pour gagner. J’aime cette démarche. »


– Comme lui, vous êtes un adepte du turn-over et on vous le reproche un peu…
« On me le reproche, parce que ce n’est pas dans nos habitudes. Aligner toujours les mêmes joueurs me paraît aujourd’hui dépassé. Je ne fais pas beaucoup tourner, mais il m’arrive de tenter des choses. Même dans les buts. »


– Vous vous apprêtez à jouer à Lens. En 1983, comme Jacky Munaron, vous avez été confronté à l’épisode du fameux caillou…
« Je crois que la veille du match, on va simuler un autre jet de caillou pour être prêt au cas où… On voit parfois des buts gags à la télévision, mais celui-là est vraiment unique ! »


– De quoi peut être fait votre avenir professionnel, désormais ?
« En principe, il est prévu que je devienne directeur sportif à la fin de la saison. Mais rien n’est arrêté. L’étranger ? Non, pas pour le moment. J’ai des raisons familiales qui me retiennent pour l’instant en Belgique. Mes enfants sont en scolarité. Mais ce n’est pas un problème. »

Propos recueillis par Pierre DIEVAL
Photos Stéphane MORTAGNE

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