La Voix du Nord - 07/12/2006 |
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Ils l’ont fait ! Bousculant toutes les réticences et repoussant très loin leurs limites, les Lillois sont allés battre le Milan AC dans son antre.Ce succès – le premier d’un club français à San Siro – est tout sauf un hasard. Plus mûrs dans le jeu et surtout plus efficaces (un atout essentiel à ce niveau), les hommes de Claude Puel bâtirent leur projet avec la constance et l’application de ceux qui savent où ils vont. Et dans l’affaire, le LOSC fait coup double puisque l’ÆK Athènes n’a pas gagné à Anderlecht.
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PHOTOS STÉPHANE MORTAGNE
Pour tout ce qu’il représente, le Milan AC mérite le respect. Mais, hier soir, dans un contexte où l’ambition du moment devait prendre le pas sur toute autre considération, les Lillois n’avaient pas trop envie de respecter leurs adversaires. À leur façon de développer leur jeu à une touche de balle, on avait d’ailleurs très vite senti qu’un véritable volcan bouillonnait en eux. Avant qu’Odemwingie n’entrouvre les portes du rêve, une tendance claire s’était dégagée des débats.
Non seulement le LOSC était bien calé dans ses responsabilités, mais encore jouait-il sur des bases ne laissant planer aucune ambiguïté quant à la consistance de ses aspirations. Un football direct, frais et même percutant puisque d’entrée d’une anticipation de Keita, avait jailli une vraie rupture (5 e).
De la suite dans les idées
C’était un signe. Lille avait de la suite dans les idées et le mouvement Keita-Bodmer auquel l’attaquant nigérian du LOSC donna toute sa dimension ne fit, finalement, que confirmer l’évolution stratégique d’un match qui mettait en lumière par intermittences, mais tout de même avec assez de netteté, le manque de clairvoyance dans le dernier geste de Milanais visiblement en deçà de leurs capacités antérieures (0-1, 8e).
Face à l’inévitable réaction italienne, les hommes de Claude Puel démontrèrent en outre qu’ils avaient la maîtrise et l’organisation tactique pour entretenir leurs folles espérances. Même si Malicki dut user de ses poings pour refroidir un coup franc de Pirlo (22e), ce sont eux en effet qui se montrèrent les plus performants, (tirs d’Odemwingie, 23e, Keita 24e et de Cabaye, 30e), preuves intangibles de leur incontestable cohérence, un coup franc du même Cabaye finissant de convaincre la « brigade rossonere » (le kop milanais) qu’avec ces Lillois-là, leur affaire ne prendrait pas forcément une tournure hyperfavorable.
Lorsqu’Odemwingie, lancé par Makoun, s’en vint flirter avec le deuxième but, dès la reprise, un fort vent d’incompréhension se leva même des vastes tribunes en l’occurrence dépeuplées. Une fois encore, le LOSC avait créé un décalage franc et affiché un savoir-faire en matière de contre qui prouvait bien que son émergence n’était pas due au hasard. Kalac sauva l’essentiel avant de détourner en corner un tir lointain de Debuchy (53e). Bref, si Milan, renforcé par les entrées de Seedorf et Kaka, avait souvent le contrôle du ballon et si « Pipo » Inzaghi eut l’infortune de rencontrer la barre sur sa route (60e), c’est bien Lille qui possédait, au final, les meilleurs arguments tactiques et techniques.
Keita-Bodmer, duo décisif
La manière avec laquelle le duo Keita-Bodmer se joua du réseau défensif adverse, sur le mouvement décisif débouchant sur le deuxième but, résumait tout. Lucidité, aplomb, réalisme… les Lillois étaient blindés. Arrivé seul devant Kalac, l’Ivoirien du LOSC ne trembla pas (0-2, 73e).
Il y avait là la marque d’une équipe de talent qui venait tout à la fois de consolider les bases d’une victoire historique et de se projeter dans les huitièmes de finale de la Ligue des champions. Sacrée performance !
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