La Voix du Nord - 16/12/2006 |
![]() |
Le LOSC avait deux chances sur trois de tirer un club anglais, hier à Nyon, lors du tirage au sort des huitièmes de finale de la Ligue des champions.C’est ce qui s’est produit. Mais il avait également cinq chances sur six d’éviter Manchester United, un adversaire qu’il connaît trop bien. Raté…
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP
L’excitation est retombée comme un soufflé, plombée par le sort et lancée la tête la première dans les eaux claires du lac Léman, sur lesquelles donne le siège de l’UEFA. Les officiels de l’organisation européenne venaient de piocher la boule que tout le monde craignait, côté lillois : celle de Manchester United, déjà affronté en phase de poules en 2001 et 2005, lors des deux précédentes campagnes. Jérôme Lestir et Didier De Climmer, les représentants du LOSC en l’absence de Michel Seydoux et Xavier Thuilot, retenus par une assemblée élective de l’UCPF, ont d’ailleurs esquissé un mouvement de recul au moment de l’annonce.
« On n’est pas déçus, ça reste un match fantastique, expliqua Lestir, le directeur général adjoint. Seulement, s’il y en avait un à éviter, c’était celui-là. Sur l’instant, oui, il y a eu de la déception. » Difficile, pourtant, de faire la tête pour ce qui reste un événement historique : un huitième de finale de Ligue des champions face à un géant européen, double vainqueur de la compétition (1968, 1999). Mais les dirigeants lillois ont plusieurs bonnes raisons d’être amers. D’abord, le staff, les joueurs et les supporteurs, en quête de dépaysement, avaient majoritairement balayé l’idée de retrouvailles. Ensuite, le club de Sir Alex Ferguson n’a plus rien à voir avec la formation que le club lillois avait tenu en échec à Old Trafford (0-0) avant de l’estoquer au Stade de France (1-0) sur un but du Slovène Acimovic.
Leaders tranquilles de Premier League, les Mancuniens ont également géré leur poule de qualification, en coiffant le Celtic Glasgow, le Benfica Lisbonne et Copenhague.
Cependant, le LOSC ne doit pas être jaloux : il n’est plus du tout l’équipe timide de la saison passée, lui non plus, ce que son récent succès à Milan (2-0) a largement démontré. « Il va falloir que je leur dise qu’on joue à Bollaert, pour qu’ils ne se trompent pas de stade », plaisante De Climmer.
« Un tirage très excitant »
En s’arrachant à ses peurs initiales, le club lillois a grandi, et cela s’est su. « Alex (Ferguson) a observé Lille contre Saint-Étienne dimanche (2-2), et il a trouvé que c’était une bonne équipe, solide et athlétique », a glissé Ken Merett, le secrétaire de MU, depuis les couloirs classieux de l’UEFA. Ken Ramsden, un autre dirigeant mancunien, nous a confié : « Franchement, je ne pourrais vous dire qu’après si c’est un bon tirage pour nous. En tout cas, c’est très excitant. On a des choses à se faire pardonner, on tâchera de faire mieux que la saison passée. »
À quelques mètres de là, Jérôme Lestir, téléphone à l’oreille, tente de joindre son camp de base, où une légère déception doit flotter. Il est doublé par Bernard Lacombe, le conseiller de Jean-Michel Aulas, escorté par une armée de caméras. Lyon affrontera l’AS Rome, dauphin de l’Inter Milan dans le Calcio, et selon la Gazzetta dello Sport du matin même, c’est une très mauvaise nouvelle pour… les Romains. « Ce sera du 55-45, parce qu’on joue le match retour à Gerland. Totti peut faire basculer le match, mais j’estime que Juninho est encore plus régulier », s’avança Lacombe. Qui croit ferme en Lille. « Claude Puel fait un travail remarquable depuis quelques années, et Lille fait peur. Je dis attention à cette équipe, même si Manchester, devant, c’est très fort. »
Ça non plus, ce n’est franchement pas nouveau !t La location des places pour le huitième de finale aller sera ouverte dès lundi… Pendant les six premiers jours, seuls les guichets du Stadium seront habilités à en distribuer. Le premier jour est réservé aux abonnés privilège ; le deuxième aux abonnés classiques. L’ouverture au grand public se fera en fait à partir de mercredi.












