La Voix du Nord - 21/02/2007 |
![]() |
Messieurs les Anglais, un peu de calme !
On partait pour un grand match dans les tribunes, quand une décharge d’agressivité mal placée du kop britannique réclama le renfort de la cavalerie.
Quel dommage… La Marseillaise en anglais aux pieds de la Déesse, vous la croyez, celle-là ? Tôt dans l’après-midi, l’appel de Lens frappa fort dans le centre de Lille. Nez à la fenêtre, on vit les enfants d’Albion qui avaient commencé à dégoupiller, entamant rudement les réserves de bière. On était juste à l’heure de la sieste. Un peu tôt pour prendre son élan, mais quand on aime… À la nuit tombée, nous voici aux portes de Bollaert, qui s’offre de bon coeur. On retrouve les mêmes fans des Red Devils qui débordent des cafés à la britannique, chope à la main, le torse nu, la voix raclée à la tourbe mancunienne, mouillés comme des éponges. Les CRS sont sur les dents. Tant d’ardeur à se mettre en pression, faut comprendre. Ils doivent désamorcer quelques explications un peu trop franches, mais ça semble rester dans les clous. Viril mais correct.
Le frisson…
Une heure avant le coup d’envoi, Bollaert retient son souffle. Et puis la température monte, progressivement, en degrés Farenheit, des Dogues Virage Est, du Rijsel Spirit… Chaque spectateur a trouvé sur son siège un drapeau collector rouge ou blanc. De quoi s’agiter de partout. United a droit à une bordée de sifflets. Ça manque de fair-play, mais on passe. Car les Dogues sont là, gris dessus, rouge dessous. « Tous ensemble ! Tous ensemble ! » L’hymne de la Ligue des champions. C’est du délire. Brrr, le frisson.
Il était tellement beau, ce tableau, qu’on se demande encore pourquoi les Anglais sont venus y mettre un coup de canif. 15e minute, d’un seul coup le kop de la Trannin zéro décide d’envahir la France. On tente de forcer une porte grillagée, les stadiers défendent le continent et bientôt les forces de l’ordre doivent sortir la matraque, le bouclier, la bombe lacrymogène… Les coups qui pleuvent, les Anglais qui tombent, qui reculent, déversent de la haine.
Ça dure cinq mauvaises minutes, une éternité en vérité. Vite, de grâce, revenons au match !
R. G.
PHOTO AFP












