La Voix du Nord - 14/09/2007 |
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Il n’y avait sans doute jamais eu autant de monde au Domaine de Luchin à Camphin-en-Pévèle, et il n’y en aura probablement plus jamais autant. Le centre de vie lillois, conçu pour « la mise au vert du LOSC » comme l’a habilement souligné Pierre Mauroy, le président de la Communauté urbaine (LMCU), avait ouvert ses portes en grand : il valait mieux en profiter, car le lieu a désormais vocation à protéger le travail méticuleux des éducateurs lillois, dans le calme verdoyant de la Pévèle. Et dans la discrétion, s’il vous plaît.
Ce sont donc près de 6OO personnes (élus métropolitains, présidenst de clubs ou de fédérations, sportifs d’hier et d’aujourd’hui, partenaires, etc.) qui se sont agglutinées, hier, sous le grand barnum dressé par le club, tous venus constater la transformation des lieux où, quelques années auparavant, le casque vissé sur la tête et les bottes au pied, Michel Seydoux, le président lillois, avait fait un rêve. Le résultat final a visiblement estomaqué les visiteurs, Frédéric Thiriez abandonnant l’impartialité induite par son statut de président de la Ligue (LFP) pour constater que « le LOSC montre l’exemple ». La maire de Lille, Martine Aubry, séduite, reconnut qu’avec Michel Seydoux « nous n’avons pas toujours été d’accord » mais qu’« il y a une chose que j’aime en vous, c’est que vous êtes un vrai industriel, car vous construisez sur le moyen et le long terme ».
Pourtant, paradoxalement, et alors que le ruban n’avait même pas encore été coupé et la visite des lieux pas effectuée, le Domaine de Luchin s’est effacé devant un autre mastodonte, encore en gestation celui-là : le Grand Stade. Daniel Percheron fut le premier à s’emporter. Le président de la Région a mis à contribution ses talents d’orateur pour enflammer la salle et affirmer que la Région est prête « à accompagner tous les projets dont celui du Grand Stade ». « Nous ne sommes pas à quelques euros près, a-t-il lâché joyeusement, même si ce discours n’est pas celui de la rigueur, je le conçois. » Il faut croire que les murs de Luchin exaltent un parfum qui pousse à oser. Tant mieux pour les joueurs… Pierre Mauroy, la truelle déjà à la main, en a remis une couche. « Certains se sont élevés contre la jauge de 50 000 places. Aux grincheux, j’affirme que le LOSC est indispensable, surtout si nous souhaitons une grande métropole et une grande région. Nous avons tellement été humiliés dans les années 70 avec l’effondrement industriel de notre région… » Bien calé dans son siège, Michel Seydoux n’en a certainement pas perdu une miette.
Luchin n’était que son hors-d’oeuvre.














