La Voix du Nord - 11/12/2007 |
![]() |
sports@lavoixdunord.fr
Crise de croissance. Le terme avait bruissé au printemps, alors même que le LOSC avait déjà entamé sa lente mais progressive dégringolade. On espérait que l’été avait lavé les esprits, douché les consciences. Le grand ménage opéré à l’intersaison, avec le départ de plusieurs joueurs majeurs, avait d’ailleurs été entériné par Claude Puel et ses dirigeants sur un sentiment : pour grandir encore, le LOSC devait s’appuyer sur les cadres les plus motivés et sur sa jeunesse galopante.
L’idée, commercialement indéfendable mais inconsciemment admise par tous, était de passer une année sereine, milieu de tableau et plus si affinités. Les véritables ambitions attendraient 2010.
Problème : quatre mois plus tard, le LOSC patine, s’enfonce et s’agace, au point d’inquiéter. Depuis dimanche, il est relégable, ce qui ne lui était pas arrivé depuis la saison 1996-1997, avec la descente en D 2 au bout. Pas franchement prévu au programme. Avec trois succès en dix-sept matchs, il est donc considérablement en retard sur ses temps de passage habituels.
Paradoxalement, Claude Puel assure avoir retrouvé un groupe obéissant, discipliné, bref malléable à souhait. On sait ce que cela a donné les saisons précédentes. Alors, où situer l’erreur ? Et comment la régler rapidement ? Les dirigeants n’ont certainement pas attendu ce week-end pour se pencher sur le problème parce que les voyants sont nets depuis longtemps : sur dix-sept journées, le LOSC a été quatorze fois dans la seconde moitié de tableau.
Michel Seydoux a pointé du doigt, hier dans La Voix des Sports, une forme d’embourgeoisement, et appelé à un retour aux valeurs.
Puel pas menacé
D’abord, une évidence : Claude Puel n’est pas menacé. Le président lillois a affirmé hier qu’il ne changerait ni de méthode, ni de politique. Et puis la physionomie des matchs est rassurante : depuis le début de saison, Lille tente, se procure des occasions. Il n’y a très clairement pas la moindre trace de fracture collective ou de discours inaudible.
En revanche, la qualité générale de l’effectif fait débat, suite à un recrutement estival validé à l’époque par Claude Puel mais très controversé. Une simple soustraction explique la situation : cinq titulaires ont filé (Keita, Bodmer, Tavlaridis, Chalmé et Odemwingie), et un seul est arrivé : Béria.
Les autres ont déçu ou ne sont toujours pas prêts. Yanes a été blessé et rame pour revenir à niveau, tandis que Maric et Tahirovic semblent pour l’heure davantage taillés pour le CFA.
Mais les difficultés lilloises sont ciblées : c’est devant que cela se passe, ou plutôt que cela ne se passe pas. S’il avait converti la moitié de ses occasions franches, le LOSC serait loin devant, et on ne serait pas là à compter les grains de sable dans sa mécanique. Le cas Kluivert est symptomatique : recruté le 31 août, il avait été présenté comme un pari, un « bonus » offensif. Il aurait dû le rester. Après un mois et une pelletée d’occasions gâchées, il fut affublé d’une pancarte de sauveur, ce qu’il ne peut décemment pas (plus) être. Zorro n’est pas et ne sera pas néerlandais.
À l’hiver 2003-2004, dans une position précaire quasi similaire, le LOSC avait déjà été contraint de rectifier le tir lors du
Clin d’oeil, le LOSC de l’époque se préparait lui aussi à perdre plusieurs éléments majeurs lors de la CAN. Mi-janvier, Makoun, Sylva et Youla vont s’éclipser.
D’ici là, le LOSC va devoir parer à l’essentiel. S’il prend six points sur six d’ici à la trêve, ce qu’il n’a réussi qu’une seule fois en 2007, il pourra envisager différemment la suite de sa saison. Mais la réception de Saint-Étienne samedi et surtout le derby sous haute tension face à Lens, le 23 décembre, obstruent l’horizon.
Pour le LOSC, il est temps que l’année se termine, pour en garder l’essentiel : un huitième de finale de Ligue des champions face à Manchester et l’accomplissement du centre de Luchin.














