La Voix du Nord - 15/12/2007 |
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C’est le moment de se faire franchement violence
Relégable (dix-huitième), le LOSC est sous pression : il doit balayer Saint-Étienne ce soir (20 heures), avant de penser au derby à Lens la semaine prochaine. Sous peine de partir dangereusement à la dérive.PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE
C’est la crise à Lille, on le sait depuis hier soir : Claude Puel a convoqué un groupe resserré de dix-huit joueurs tout rond, et pas un de plus, une première cette saison. On plaisante. C’est d’ailleurs le rare changement visible d’une semaine particulièrement tendue du côté de Luchin, où les joueurs n’ont pas été démangés par le besoin de s’exprimer. Jeudi, seul Stephan Lichtsteiner (comme souvent ces dernières semaines) est venu courageusement prendre position sur cette douce dégringolade.
La situation mathématique et les critiques qui ont fusé peuvent aisément expliquer ce mutisme : relégables depuis leur défaite à Toulouse (1-0), samedi dernier, les Lillois ont assisté depuis à l’autopsie de leur année 2007 par les médias. Le déroulement de la bobine ne leur a évidemment pas fait plaisir, mais il a le mérite de remettre les choses à leur place : s’ils continuent à ce rythme, les Lillois filent droit dans le mur. « Il n’y a pas d’affolement, précise Claude Puel. Par contre, une prise de conscience, j’espère. Avoir du recul sur notre situation, OK, mais si c’est pour baigner dans un climat émollient où on accepterait les choses… »
Au LOSC, on n’aime pas franchement les turbulences, ni l’agitation. Puel préfère « cuire » son vestiaire à l’étouffé, dans son coin, et attendre que ça transpire sur le terrain. Pour l’instant, rien ne se passe. De l’extérieur, on pourrait croire que le bateau coule en silence. De l’intérieur aussi. « Je nous trouve un peu trop gentils, glisse Lichtsteiner. À Toulouse, on l’a été devant, derrière… À l’entraînement aussi on pourrait être plus “méchants”. On doit se dire les choses, au risque d’aller au conflit. On ne peut pas être ami avec tout le monde, et puis ce n’est pas parce que l’on gueule sur le terrain qu’on ne peut pas s’entendre après… » « Trop gentils ? Oui, à domicile certainement, reconnaît Puel. Le groupe vit bien, il se dit les choses, ça fait partie de la vie du vestiaire. Parfois, il y a besoin d’échanges plus vifs, et j’en ai vu quelques-uns cette semaine sur le terrain… »
La jeunesse du groupe peut certainement justifier sa difficulté à prendre conscience de la précarité de la situation, et sa faible capacité à se bousculer.
Puel : « Aller au bout des choses »
Claude Puel, qui réclame pêle-mêle « d’aller au bout des choses », de présenter « un état d’esprit plus “tueur” », « de ne pas fuir les responsabilités », va donc devoir faire du neuf avec du vieux. Depuis le début de la saison, le LOSC n’a enregistré qu’une seule victoire au Stadium (contre VA), un bilan famélique qui suffit à lui seul à expliquer ses difficultés en L1. L’entraîneur lillois pourrait d’ailleurs retoucher quelque peu l’équipe qui a débuté à Toulouse, mais il aimerait le faire contraint par les performances de ses joueurs à l’entraînement. « Depuis le début de la saison, je n’ai pas franchement été poussé dans mes retranchements à ce niveau-là, souffle-t-il dans un doux euphémisme. Ces jours-ci, les joueurs ont bien travaillé, une partie de la semaine a été intéressante… Reste à attendre la validation du terrain. » Sur le papier, Saint-Étienne, fébrile loin de son « chaudron », est un excellent client pour se refaire une petite santé, une semaine avant le derby à Bollaert. Problème : sur le papier, le LOSC n’était pas parti pour galérer autant. Il ne faut plus se fier aux réputations.















