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La Voix du Nord - 20/12/2007
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LENS - LILLE, J – 3
Le jour où Brunel et le Racing envoyèrent le LOSC par le fond...
 En 1997, Philippe Brunel avait été le bourreau de Lillois condamnés à la relégation. Le 26 avril 1997, 29 731 spectateurs assistèrent à ce qui s’apparentait, encore plus qu’aujourd’hui, à un derby de la peur. C’était à Lens, dans un stade Bollaert en travaux (pour le Mondial 1998). En situation précaire, le Racing et le LOSC venaient de changer de structure technique. Au final, Lens l’avait emporté 1-0.

PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP


Un match couperet dans un contexte sensible. « À cette époque-là, j’étais souvent dans la tribune car je m’occupais de la réserve  », rappelle Daniel Leclercq. « J’avais donc le recul nécessaire pour analyser la situation du moment avec Slavo (Muslin, l’entraîneur en poste avant l’intronisation du duo Lemerre - Leclercq). Il est clair que les situations se ressemblent, même si, en l’occurrence, on est encore loin de la fin du championnat (en 1997, il ne restait que quatre journées). »



Samoy amer

« La démarche de Roger (Lemerre) reposait sur trois axes : faire un choix, trouver les hommes capables de sauver Lens et cerner enfin les raisons qui pousseraient ceux-ci à repousser leurs limites. Je me souviens aussi qu’avant ce derby, nous n’étions pas du tout sortis de l’ornière et que les Lillois nous avaient fait souffrir. On avait gagné 1-0 mais ce n’avait pas été simple. »

Dix ans plus tard, Jean-Marc Adjovi-Boco retrace volontiers lui aussi les grands axes de cette opération sauvetage initiée par Gervais Martel. «  Quand Roger Lemerre était arrivé avec son allure joviale, on n’était vraiment pas bien psychologiquement. Il nous avait repris en mains physiquement, tout en nous parlant de plaisir. Car, à ses yeux, tout devait se faire dans le plaisir. Ce derby n’avait rien d’une fête. C’était même dramatique car on savait que le perdant irait au devant de graves ennuis. J’ai encore une image en tête : comme la tribune Lepagnot était à terre, les zones techniques avaient été bricolées. Daniel Leclercq se tenait alors dans une sorte de mirador. Roger et Daniel formèrent un duo extraordinaire. C’étaient deux forts caractères. On avait besoin d’eux. »

Du fond de sa Vendée d’adoption, « Charly » Samoy garde une vision « particulière » du rendez-vous lensois. « Je me souviens d’abord d’une chose : une banderole mortuaire que certains supporteurs lensois avaient cru bon de déployer. Un cercueil y était reproduit et on pouvait y lire cette phrase : “Ce soir, mise en bière du LOSC”. Depuis ce jour, j’ai perdu l’estime que j’avais pour le public lensois. Le match avait été tendu. Lens avait dominé mais il ne s’était procuré qu’une occasion et Brunel avait marqué. Gaël Sanz était monté et… J’étais arrivé avec Hervé Gauthier (en remplacement de Jean-Michel Cavalli) à sept journées de la fin. Il fallait être fou pour se mettre dans un tel pétrin. Mais si je ne l’avais pas fait, je le regretterais encore ! Le LOSC était tout pour moi. Très vite, pourtant, nous nous étions rendu compte que ce serait très dur. On avait perdu à Monaco. Puis, on avait perdu à Lille devant Cannes.


Contre Lens, nous avions tout eu : l’hostilité des tribunes, la blessure de Cygan et les rumeurs de dopage qui touchaient David Garcion. À la mi-temps, j’avais vu pourtant Roger et Daniel s’affronter un peu verbalement. Aux vestiaires, j’avais d’ailleurs dit aux gars : “Vous voyez, ils s’engueulent en face. Allez-y !” » Mais il n’y avait pas eu de miracle. Philippe Brunel s’était chargé, à la vingt-quatrième minute, de noyer le rêve lillois. Un mois plus tard, le LOSC était relégué.
 

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