La Voix du Nord - 28/12/2007 |
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Notre rédaction a élu le défenseur central meilleur joueur du LOSC pour l’année 2007
Accrocheur et déterminé, Nicolas Plestan s’est battu pour se rendre incontournable depuis son arrivée dans le Nord, à l’été 2003. Quatre ans plus tard, dans la brume lilloise, il est devenu un phare rassurant, par sa régularité et ses performances. L’ancien Monégasque a bien grandi.sports@lavoixdunord.fr
Assis dans un café de la grand-place de Lille, Nicolas Plestan saisit les journaux du matin. En les parcourant rapidement, il ne peut s’empêcher de commenter l’actualité foot du moment, de grogner contre l’idée reçue d’une Ligue 1 plus faible, trop défensive. Déformation professionnelle. Chez lui, le foot a rapidement été une évidence, malgré l’image d’un père basketteur, amusé de voir son rejeton obnubilé par ses pieds. « Tout gamin, je voulais devenir pro, je n’avais que cette idée en tête. C’était mon but. Je ne savais même pas combien un joueur gagnait, et le salaire m’importait peu à vrai dire. »
Mondial 1986 et matchs au Ray
C’est un ami de son père, joueur en Division Honneur, qui lui permet de dégoter une licence malgré ses quatre ans et demi. Il participe aux entraînements, et se réveille la nuit pour « débarquer dans le salon et regarder les matchs de la Coupe du monde 1986 (au Mexique) aux côtés de mon père ». C’est le début d’une longue histoire d’amour, nourrie au stade du Ray, à Nice, dont il devient un fervent supporteur avec ses potes, placés en face de la chaude Brigade sud.
Côté terrain, il effectue ses premiers pas au Gazélec de Nice, avant d’être repéré par Michel Olant, alors recruteur pour le centre de formation de l’AS Monaco. Ses parents ne chercheront pas à le dissuader de se lancer dans l’aventure. « Certains profs à l’époque, oui. Mes parents, eux, n’avaient pas le choix (rires). Ils souhaitaient seulement que j’aie un cadre scolaire sérieux, parce qu’ils savaient que les places seraient chères. Je ne le regrette pas, parce que je n’avais alors aucune motivation en classe, et Monaco m’a permis d’acquérir les bases. » Guidé par Olant, devenu confident et ami, il va réaliser son rêve et signer son premier contrat pro sur le Rocher, en même temps que Givet, avec lequel il défend la CFA le week-end. C’est là que Claude Puel le récupère, alors qu’il végète en réserve après un prêt stérile à Ajaccio (L2). « J’avais besoin de quelqu’un qui me relance, enfin qui me lance même. Je m’étais senti trahi par plusieurs personnes et j’avais besoin de confiance. Lui est honnête et droit. Sincèrement, c’est la seule personne en qui j’ai pleinement confiance dans ce milieu. »
« Lille, c’est chez moi »
Les premières saisons ne seront pourtant pas évidentes, et il devra ronger son frein derrière le duo Tavlaridis - Rafael. Il encaisse au début, conscient de son retard. Il s’explique avec le coach ensuite, conscient de progresser. « J’avais joué en Ligue des champions, contre Benfica, Villarreal… J’avais franchi un cap, mais le coach a fini par faire rejouer les deux autres. J’ai eu besoin de lui en parler, on s’est vu plusieurs fois cette saison-là. Je savais qu’il n’avait pas que Plestan à penser, mais mon rôle, c’était de ne pas être d’accord avec lui. » Les choses ont bien changé, depuis. Stabilisé par sa famille, sa femme et son fils, il va « mûrir » et pousser les autres vers la sortie. Aujourd’hui, Tavlaridis est à Saint-Étienne, Rafael à Birmingham, tandis que lui a prolongé son contrat cet automne. Il s’est rendu incontournable.
À Lille, ville dont il s’est entiché, l’ancien Monégasque a posé ses valises dans les quartiers anciens. « Si je ne vois pas d’immeubles le matin, je ne suis pas bien (rires). Ici, je me sens chez moi. C’est une ville magnifique, je me suis attaché. » C’est aussi là qu’il a rencontré ses deux meilleurs amis, Matthieu Bodmer et Matt Moussilou, dont il est séparé par les aléas du métier. C’est également une ville qu’il quittera, un jour, en juin prochain ou plus tard, pour l’étranger a priori : « L’Allemagne et l’Espagne me tentent. Quand on voit la carrière d’un Sagnol, qui vient de passer sept ans au Bayern Munich… L’image de la Bundesliga est erronée. En tout cas, j’aurais certainement envie de changer, d’aller voir ce qui se passe ailleurs. »














