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La Voix des Sports - 05/03/2007
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Il n’y a pas que la Manche qui les sépare
Manchester United - Lille

 Vidic souffle le ballon à Agger et «MU» grille Liverpool, avant de recevoir Lille. Manchester (envoyé spécial). – De Sir Alex Ferguson au dernier des fans de United, le doute n’est pas permis à quatre jours du deuxième round contre Lille. Tous restent persuadés que ces « bloody frenchies » ont essayé de les rouler dans la farine après la première manche du 8 e de finale de la Ligue des champions. Comme quoi, il y aura toujours plus que la Manche pour séparer Anglais et Français.


Le mythique manager des « Red Devils » s’est un peu calmé en surface. Mais son sang d’Ecossais bout encore à l’évocation des événements de Lens. Lors du point presse de vendredi au camp d’entraînement de Carrington, Sir Alex, comme tout le monde l’appelle ici, est resté sur ses positions agacées : «  Mon avis n’a pas changé. En ce qui concerne le but, l’UEFA a répondu. Et pour moi, les Lillois ont vraiment essayé de quitter le terrain pour influencer l’arbitre. Ils ont essayé de créer un événement pour montrer que le petit Lille était maltraité par le grand Manchester. Je n’avais jamais vu ça avant. Tous les pays ont les mêmes règles. J’espère que l’UEFA leur infligera une forte punition. » Ferguson ajoute une petite perfidie : «  En tout cas, Lille et ses supporters seront bien accueillis à Manchester. Qu’on oublie le premier match et qu’on revienne au football. » Naturellement… Voilà qui nous promet une ambiance passionnée mercredi. Quand les joueurs lillois vont grimper sur la pelouse pour l’échauffement, une belle bordée de sifflets et de quolibets divers et variés les attend. Welcome to Old Trafford. Daniel Taylor, journaliste au Guardian et spécialisé dans le suivi de United, connaît son Sir Alex sur le bout des doigts : « Il était très en colère dans les jours qui ont suivi le premier match mais depuis, il s’est calmé. Maintenant, ce qu’il veut, c’est battre Lille et se qualifier pour les quarts car il craint beaucoup cette équipe, très forte et soudée. » Un homme est très embêté par la controverse franco-anglaise. C’est le consul honoraire de France à Manchester, Guy Robson. Né d’une mère française et d’un père mancunien, cet avocat à la double-nationalité n’aime pas la polémique qui épice la seconde manche : « Dans cette histoire, les mots sont aussi pénibles qu’un coup de pied. C’est regrettable que cette situation ait eu lieu. » Peut-on craindre des débordements dans les rues du centre et autour du stade entre fans des deux camps ? « Vous savez, il y a beaucoup de matches internationaux à Manchester. La police a l’expérience des grandes foules et a toutes les capacités pour contrôler la situation. »

Samedi, tout à leur stress du déplacement de leurs héros à Liverpool, les fans de United n’avaient pas encore la tête à Lille. Après le but d’O’Shea et un pas de plus fait vers un seizième titre de champion, le sujet lillois est revenu sur le tapis. Le ton est moqueur. « Moi, je ne savais pas qu’en France, on allait vers le quatrième arbitre pour poser une réserve, explique Mick dans la chaleur d’un pub et d’une pinte de bière brune. Mais alors, pourquoi n’a-t-on jamais vu l’équipe de France faire ce genre de choses en Coupe du monde ou à l’Euro ? Est-ce que c’est aussi traditionnel en France de se contenter de poinçonner des tickets sans vérifier qu’ils sont faux ni s’assurer de la sécurité des supporters adverses ? C’est traditionnel aussi, pour la police française, d’envoyer du gaz lacrymogène ? » Devant un tel mur d’incompréhension, la discussion s’arrête là. Liam est catégorique : « On va les battre mercredi et on n’en entendra plus parler. » Ça reste à voir.

Olivier BERGER
 Photo AFP

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