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La Voix du Nord - 02/02/2008
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Deux heures et demie de débats pour un choix « de vision »

Les conseillers de Lille Métropole Communauté urbaine (LMCU) ont voté à plus de 82 % pour le projet de Grand Stade porté par le groupe Eiffage. Les réticences restent toutefois nombreuses quant au prix à payer : 440,2 M€, rien que pour le stade.

PAR JULIEN LÉCUYER
metro@lavoixdunord.fr

Il y a quelques jours déjà, les réflexions d’Henri Ségard, relayées par un opportuniste Marc-Philippe Daubresse, avaient semé le doute.

Le président de l’influent groupe Métropole Passions communes, après avoir battu en brèche l’énormité de la dépense, s’était tourné vers le projet Eiffage.
Quitte à dépenser beaucoup, suggérait-il, autant que cela serve à un équipement grandiose.

Les doutes sont devenus certitudes, hier soir. Alors qu’on donnait le projet Norpac/Bouygues favori contre Vinci et Eiffage, plus chers, les dernières tractations ont changé la donne. Au terme de deux heures et demie de débats, les conseillers, à plus de 82 %, ont fait le choix de la multifonctionnalité et de l’esthétisme, au détriment du prix. Seuls trois élus (dont deux FN) s’y sont opposés. Quatre se sont abstenus (dont le vice-président PS Dominique Baert, qui avait exposé les exigences financières, et le MoDem Jacques Richir) et 23 n’ont pas pris part au vote. Parmi eux, le groupe des Verts, ainsi que les maires de Mons-en-Baroeul et Roubaix.


Le président de la communauté urbaine, Pierre Mauroy, a souligné l’ambition du choix et établit un parallèle avec le métro : « On l’a décidé au milieu de la crise (...). On l’a fait courageusement. » « Nous choisissons un signe (...), a renchéri Martine Aubry. C’est une décision de vision plus que de gestion. »

Les conseillers ont choisi « le beau plus que le raisonnable », jugeait, quant à elle, Michelle Demessine, la présidente communiste de la commission Grand Stade. Pour le groupe UDF et apparentés, Nicolas Lebas a estimé sa « conversion », « réfléchie et exigeante ». « Nous attendons des engagements forts du LOSC pour rendre le stade accessible au plus grand nombre (...). Nous n’accepterons pas le Grand Stade au prix d’autres exigences sacrifiées », a-t-il martelé, tout en votant pour.


Même argument, mais vote différent chez les Verts. Éric Quiquet a expliqué le refus de son groupe de participer au vote par les choix politiques qu’impose le financement d’un tel équipement. Les 690 ME que coûteront le stade (440,2 ME) et les aménagements d’accessibilité (250 ME environ) lui semblent « incompatibles avec la politique logement et transports » de la communauté urbaine. Quant à la question de la part du financement privé, elle reste posée, selon lui. Même parmi les soutiens du Grand Stade, sa critique trouvait un drôle d’écho hier soir. 





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