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La Voix du Nord - 03/02/2008
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Un palais des sports lové en plein coeur

Le projet Eiffage de Grand Stade, adopté vendredi à plus de 82 % par la communauté urbaine de Lille, a séduit grâce à sa multifonctionnalité. Un palais des sports est caché en son coeur.
 

> À quoi ressemble-t-il ? – Pour caricaturer, à une immense savonnette translucide. Eiffage a misé sur le travail du cabinet Valode et Pistre et sur l’expérience sportive de Pierre Ferret. L’architecte bordelais est l’auteur des extensions des stades de Furiani et de Toulouse. Il est surtout le maître d’oeuvre du projet d’aménagement du stade Bollaert à Lens. De quoi faire jaser les supporteurs du LOSC et du Racing.

La grande coque du stade, haute de 31 m et dotée de 50 000 places, est coupée, sur un côté, par un immense écran lumineux. Son toit mobile se rétracte en une demi-heure.

 > Que peut-il accueillir ? – Face à ses concurrents, Vinci et Norpac-Bouygues, Eiffage a joué pleinement la carte de la modularité. La moitié de la pelouse se soulève pour découvrir une « boîte à spectacles » de 6 000 places environ supplémentaires. Un véritable palais des sports, au coeur du stade, capable d’accueillir une finale internationale de basket, de handball, ou bien encore de tennis. En plus des matches du LOSC, Eiffage prévoit entre 30 et 35 événements, dont seulement six spectacles non sportifs par an.

 > Qu’y aura-t-il autour ? – Selon le programme, un pôle sportif, renforcé par deux hôtels, une résidence service, des commerces de loisirs et des restaurants. Le maire de Villeneuve-d’Ascq, Jean-Michel Stievenard, suggérait vendredi d’y implanter un parc.

 > Comment s’y rendre ? – Le stade prendra place sur le site de la Borne de l’Espoir à Lezennes, à quelques pas de Villeneuve-d’Ascq. Mais la question de l’accessibilité embarrasse les élus. On parle d’une addition de 250 ME rien que pour les aménagements routiers, en partie à la charge de la communauté urbaine. Le doublement de la ligne 1 du métro doit alourdir encore la note. Même si la dépense était prévue quelle que soit l’issue du projet. Le cahier des charges du Grand Stade prévoit un parking de 3 500 places, dont 500 sous l’enceinte.

 > Quel financement ? – Sans compter les aménagements annexes, la communauté urbaine devra débourser 440,2 ME sur trente et un ans pour s’offrir cette arène. Rapportée à la population métropolitaine, cette somme rondelette représente près de 400 E par habitant. C’est 100 E de plus par habitant que pour le projet Norpac-Bouygues, favori des techniciens. La Région s’est engagée à verser 45 M E. Le LOSC, quant à lui, déboursera 7,5 ME par an. Plusieurs élus, de droite comme de gauche, ont entamé des démarches auprès de l’État pour qu’il mette la main à la poche, à hauteur de la participation du conseil régional.

 > Quel nom ? – La communauté urbaine a cédé au LOSC le droit d’exploiter le  naming right, la location du nom du stade, pour 2,3 ME par an pendant trente ans. Au LOSC la charge de trouver un partenaire économique qui voudra investir. Les entreprises potentielles ne sont pas légion. Un Grand Stade Auchan ? C’est possible, même si Rudy Eleegest, maire de Mons-en-Baroeul, lui préférerait un nom plus consensuel : le Grand Stade du Nord ou le stade Pierre-Mauroy.

 > Quelle suite ? – Il reste du boulot. Le vote de vendredi a ouvert une période de mise au point avec l’attributaire pressenti du contrat de partenariat. À l’issue de cette période qui peut durer plusieurs mois, la communauté urbaine désignera l’attributaire définitif du contrat. Eiffage s’est engagé sur une mise à disposition de l’équipement au plus tard 45 mois après la signature du contrat. Si celui-ci est signé en juin, le stade n’ouvrira donc qu’au premier trimestre 2012. • J. L.




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