La Voix des Sports - 31/03/2008 |
![]() |
Le LOSC a piqué une petite sieste impromptue
Lille - Auxerre
C’est un coup d’arrêt brutal, après trois succès consécutifs. Un passage à vide qui ressemble à un raté pas franchement prévisible, même à l’heure habituelle de la sieste. Hier, Lille s’est pris les pieds dans le tapis, gêné par une équipe d’Auxerre venue jouer le contre (défense à cinq et joueurs rapides sur les côtés) et qui a parfaitement récité sa leçon. Un déficit tant mental que physique qui a agacé le public et pas franchement ravi Claude Puel, qui avait tiré la sonnette d’alarme dans la semaine. « On a manqué d’arguments sur les plans physique et mental, et on n’a pas montré le répondant nécessaire », reconnut le technicien après coup.Sorti d’affaire ou presque, le LOSC a-t-il payé une légère décompression mentale ? Probablement, d’autant que la révolte n’a jamais pu prendre corps, hier, après le premier but auxerrois. Pire, les Lillois se sont désagrégés au fur et à mesure que le match avançait. « On s’est étiolés », avoua Puel. « Les Lillois ont fait preuve d’agressivité en début de rencontre mais ensuite, plus le match avançait et moins on les sentait dangereux », a répondu Jean Fernandez en écho. Surtout, le premier but d’Oliech juste avant la pause a sorti les Lillois de leur match : un manque de concentration flagrant sur le ballon (mal) renvoyé par Rami de la tête a été payé cash et peut-être précipité le retour au vestiaire de Mavuba (remplacé par Fauvergue).
Avant la pause, la mobilité de Mirallas avait laissé entrevoir une issue favorable mais sa simulation au coeur de la surface n’a pas échappé à M. Moulin (14 e). Et ni un coup franc d’Obraniak (27e) ni un cadeau en or de Cabaye pour Lichtsteiner (39e) n’ont permis aux Lillois de venir à bout d’un Riou incisif. Après la pause, mené au score et livré à des réactions éparses et désorganisées, le LOSC a chaviré. Claude Puel fit souffler ceux qui ont beaucoup donné, ces dernières semaines (Lichtsteiner, Obraniak) et ce sont les Auxerrois qui firent fructifier leur intelligence tactique, dans le sillage du travail de sape de Niculae, Oliech ou encore Chafni.
Le match bascula définitivement peu avant l’heure de jeu quand Fauvergue réclama une poussée dans la surface ignorée par M. Moulin (56e), tandis que sur le contre, mené tambour battant, une action d’école entre Niculae, Oliech et Chafni permit au buteur roumain de tuer tout suspense (0-2, 57e ). « On verra ce qui nous a manqué à tête reposée, glissa Puel. Il y a peut-être eu un peu d’usure mentale et physique, même si Auxerre a largement mérité sa victoire. » Et ce ne sont pas deux coups de canon de Bastos (75e, 90e), qui sauveront les apparences. Lille s’est un peu oublié et c’est à Nice, samedi prochain, qu’il faudra rectifier le tir. Pour éviter une fin de saison anonyme.
Antoine PLACER
Photos Patrick DELECROIX








