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La Voix du Nord - 28 septembre 2005
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Grogne - Michel Seydoux toujours au stade de la menace
Même si le président du LOSC a confirmé que le dialogue était définitivement rompu avec Martine Aubry
Saint-denis (de nos envoyés spéciaux). – Michel Seydoux a convié les journalistes, hier en fin de matinée, au siège de l’agence Publicis sur les Champs-Élysées, histoire d’escorter par des mots la campagne publicitaire percutante lancée par son club le jour même (sur le visuel paru dans la presse, on voit un panneau d’entrée de la ville de Lille, avec en dessous deux panneaux barrés symbolisant un ballon de foot pour l’un et un drapeau de la communauté européenne pour l’autre).
« Grimonprez-Jooris II est mort-né, a attaqué pied au plancher le président lillois. Le projet est mauvais, et les nouvelles sont mauvaises. Même si le Conseil d’État donnait son feu vert, on ne ferait que revenir à la case départ. (...) Il y a un blocage politique à Lille (...), les pouvoirs publics doivent réagir. »

« Elle ne me parle plus »

Et pour éclaircir son intervention, Michel Seydoux a synthétisé les relations qu’il entretient avec Martine Aubry, maire de Lille, focalisée sur le projet d’agrandissement de Grimonprez-Jooris. « Quand je suis arrivé à Lille, c’était déjà ça (l’agrandissement) ou rien. Au fond, que souhaite Mme Aubry ? Que je m’en aille, pour placer un employé municipal qu’elle pourra diriger. Elle pense que le LOSC appartient encore à la mairie. Et elle ne me parle plus depuis six mois. L’autre jour, elle est entrée dans une brasserie où j’étais, m’a vu, et ne m’a même pas dit bonjour... » Le point de non-retour étant franchi, le président lillois est passé à l’attaque : « Si aucune réponse n’intervient dans les semaines qui viennent, nous serons contraints de prendre des décisions irréversibles. » De quel ordre ? Michel Seydoux n’a pas exclu de s’exiler hors de la communauté urbaine de Lille, mais n’a pas mis sa démission dans la balance. En revanche, rien ne filtrera quant au(x) projet(s) d’implantation qu’il a dans sa besace. Tout juste a-t-il précisé : « Il y a des solutions qui ne sont pas plus coûteuses que Grimonprez-Jooris II pour le contribuable.
»

Pas de stade à Luchin

Villeneuve-d’Ascq tient toujours la corde, si on ne se contente pas de couvrir les tribunes sud et nord. Par contre, le centre de vie et d’entraînement de Luchin n’aura pas comme prochain voisin un grand stade.
On comprend bien les motivations du LOSC qui entend profiter de la vitrine de la Ligue des champions pour déplacer ses problèmes « locaux » sur la scène nationale, mais pourquoi tant d’agitation médiatique pour ne rester finalement qu’au stade de la menace ? Pour montrer au grand public que le divorce est consommé entre le LOSC et le pouvoir politique lillois. Et, pourquoi pas, pour récupérer quelques éventuels soutiens d’élus de la communauté urbaine. Une chose est sûre : si Seydoux veut poser un ultimatum à l’ancienne ministre, il choisira la date du 7 décembre, dernier match de son équipe en poule de la Ligue des champions. De son côté, Martine Aubry n’a pas souhaité réagir aux attaques matinales de Michel Seydoux (lire ci-dessous). Si, dimanche, la maire de Lille assiste au match contre Monaco, elle se rendra compte que les supporteurs, qui commencent à trouver le temps long, manifesteront leur mécontentement en ne prenant possession des tribunes du Stadium qu’au coup d’envoi. Un nouvel épisode dans le feuilleton du grand stade intitulé Un stade et vide.

A. P. et E. C.

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