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La Voix du Nord - 29 décembre 2005
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La suite en questions
Un Grand Stade où ?
À la date du 16 décembre, la commission Grand Stade de la communauté urbaine lilloise avait retenu trois sites alternatifs à Grimonprez-Jooris II.
Mais, de source interne à ladite commission, celui de Lille Sud, qui impliquerait de très lourds aménagements, n’a guère de chances de passer le mois de février. Prévu pour le remplacer, le site de Lomme présente deux inconvénients majeurs : des encombrements routiers le samedi, jour de match, et de probables recours de riverains contre l’implantation d’un stade. Quant à la piste de la gare de Lezennes, à Hellemmes, réintroduite par Pierre Mauroy, elle ne résiste pas – toujours de source interne à la commission – à l’observation : une maquette posée sur un plan suffirait à montrer que l’espace est trop étroit.
Deux sites tiennent donc aujourd’hui la corde. En premier lieu, celui de Lesquin, près de l’aéroport, sur un vaste terrain propre à des implantations commerciales et à un aménagement de toute l’entrée sud de la métropole lilloise. Présenté en tête du classement dans nos colonnes, il ne devrait pas l’être selon Pierre Mauroy : « Ce classement n’en est pas un, car il est provisoire. » CQFD. Cependant, le site de la Borne de l’Espoir, à cheval entre Villeneuve-d’Ascq et Lezennes, est un très sérieux outsider : terrain appartenant déjà à la communauté urbaine, bien desservi, commercialement bien placé.
Une nouvelle bataille s’est engagée en coulisses, les avis étant partagés entre élus métropolitains. Plusieurs Lillois critiquant Lesquin et le maire de Villeneuve-d’Ascq étant pour l’heure opposé à la Borne de l’Espoir. Si le calendrier annoncé par le président Mauroy est respecté, le choix de ce nouveau site sera arrêté par le conseil de communauté d’ici le 15 mars 2006.
Un Grand Stade quand ?
Le 1er novembre, à Paris, Michel Seydoux, président du LOSC, affichait sous les feux médiatiques « l’ambition d’un Grand Stade dans trois ans », à la suite d’une entrevue avec Pierre Mauroy. Nul démenti à ce moment-là, ni du côté de Lille-Métropole communauté urbaine (LMCU), ni du côté de la mairie de Lille. Le 16 décembre dernier, en séance plénière de communauté urbaine, Pierre Mauroy rectifiait le tir et annonçait « un Grand Stade d’ici cinq ou six ans ». Quand, c’est une des grandes inconnues du moment.
Un stade neuf, combien ça coûte ?
Si l’on excepte le Stade de France, qui est hors normes, et les rénovations de la Coupe du monde 1998 (Bordeaux, Lens, Lyon, Marseille, Nantes, Paris, Saint-Étienne, Toulouse), il ne s’est construit que quatre stades de plus de 15 000 places en France, depuis seize ans (Nîmes, Caen, Sochaux et Istres-Fos). Et les chiffres n’ont rien de comparable avec le projet lillois (22,3 ME pour le plus cher, D’Ornano à Caen, avec 21 000 places).
Plus intéressant, le projet de Nice, qui verra le jour en 2007 à Saint-Isidore, coûtera 90 ME pour 32 000 places.
Parmi les stades entièrement neufs construits pour la Coupe du monde 2006 en Allemagne, le seul qui ait sensiblement la taille du projet lillois, est celui de Leipzig (44 000 places), qui a atteint 90,6 ME. Pour un stade de 50 000 places, il faut compter aujourd’hui 120 millions d’euros (126 ME à Francfort). Les autres stades neufs du Mondial sont pharaoniques, bien au-delà des moyens lillois, équipés de toits translucides amovibles (191 ME à Gelsenkirchen, 226 ME à Munich).
Une délégation lilloise a déjà visité l’ArenA d’Amsterdam, et la commission Grand Stade doit y retourner le 18 janvier. Le stade amsteldamois, construit de 1993 à 1997, est muni d’un toit amovible. Sa capacité a été portée à 51 000 places pour l’Euro 2000. Il avait coûté environ 101 ME… Rappelons que la rénovation de Grimonprez-Jooris (notre photo) aurait coûté 40 ME, soit quasiment deux fois et demi moins cher qu’un stade neuf.

C. F. et J.-Ph. M.
Ph. Stéphane MORTAGNE
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