La Voix du Nord - 9 février 2006 |
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Villeneuve-d’Ascq, la raison avant la passion
Cernée par le centre V2 et une quantité d’enseignes commerciales, la Borne de l’Espoir, jadis retenue dans la candidature de Lille aux Jeux olympiques, semble limitée en matière de développement économique mais cohérente pour le sport.
Si Lesquin incarne une vraie ambition économique à l’horizon 2020 et Lille-Sud, une perspective de rénovation urbaine, le site de Villeneuve-d’Ascq, lui, n’affiche aucune promesse fracassante. Mais il offre, pour ses défenseurs du moins, un choix logique, sans doute plus proche de la raison que de la passion. Une vision jugée « petit bras » pour ses détracteurs. La bataille s’annonce rude, tant ce qui est annoncé comme positif d’un côté est sévèrement contré de l’autre.
Le terrain. D’une superficie totale de 24 hectares, la « Borne de l’Espoir » est située en grande partie à Villeneuve-d’Ascq (17 hectares), en face de V2, mais aussi à Lezennes. Son principal atout ? Le foncier est totalement maîtrisé par la communauté urbaine, donc théoriquement disponible tout de suite. Un seul hic, mais de taille : le coût de la viabilisation. Les catiches, qu’il faudrait combler le cas échéant, risquent fort d’alourdir la note, comme ce fut le cas du terrain livré boulevard de Tournai à Heron International, pour le complexe cinématographique.
Le stade. Comme à Lesquin, rien n’interdit, techniquement, d’envisager une superbe arène de 50 000 places, éventuellement couverte, installée sur une dizaine d’hectares. En réalité, tout type de construction est possible, du plus modeste au plus flamboyant.
Le projet global. À l’inverse de l’épais dossier préparé par la chambre de commerce et d’industrie pour Lesquin, il n’existe, pour l’heure, aucune étude précise de développement économique pour la
Borne de l’ Espoir. D’où les angoisses manifestées par de nombreux opposants, à commencer par les grandes enseignes déjà implantées, de voir jaillir un monstre vorace, à l’appétit forcément insatiable. Une hypothèse finalement peu probable, tant elle serait en contradiction avec les recommandations du SDAU (Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme) de la métropole. Pour s’en convaincre, il suffit aussi de se reporter aux multiples recours déposés contre le projet de complexe cinématographique et de centre commercial de loisirs, précisément boulevard de Tournai. Des actions introduites notamment par Roubaix, qui redoute une concurrence accrue. Nul doute que du versant nord-est, on ne verrait pas d’un bon oeil un Grand Stade à Villeneuve-d’Ascq s’il était entouré d’une nouvelle grande zone commerciale.
Une plaine des sports. Pas plus que le projet « Euralille-Lesquin » ne prévoit un développement commercial débridé (il est circonscrit au sport et à l’équipement de la maison), le site de Villeneuve-d’Ascq ne devrait s’écarter de sa destination initiale, inscrite d’ailleurs au SDAU : celle d’un « parc de jeux », imaginé lors de la candidature de Lille aux Jeux olympiques de 2004. La cohérence d’une telle affectation n’échappe à personne, puisque la parcelle visée prolonge le Golf de Lille Métropole (qui aura enfin ses 27 trous en juin), un centre équestre régional et un complexe motocycliste. Un stade de football, éventuellement accompagné d’autres équipements sportifs, ne dérogerait en rien au cahier des charges.
Une plaine des sports. Pas plus que le projet « Euralille-Lesquin » ne prévoit un développement commercial débridé (il est circonscrit au sport et à l’équipement de la maison), le site de Villeneuve-d’Ascq ne devrait s’écarter de sa destination initiale, inscrite d’ailleurs au SDAU : celle d’un « parc de jeux », imaginé lors de la candidature de Lille aux Jeux olympiques de 2004. La cohérence d’une telle affectation n’échappe à personne, puisque la parcelle visée prolonge le Golf de Lille Métropole (qui aura enfin ses 27 trous en juin), un centre équestre régional et un complexe motocycliste. Un stade de football, éventuellement accompagné d’autres équipements sportifs, ne dérogerait en rien au cahier des charges.
L’accessibilité et la circulation. Les réfractaires, notamment les riverains, avancent le risque de gigantesques bouchons les soirs de matchs, ajoutés à ceux, déjà importants, liés à la zone commerciale existante. Mais les avocats de la
>Borne de l’ Espoir, eux, insistent sur les nombreuses places de stationnement déjà disponibles sur le campus de la cité scientifique, libérées par les étudiants le week-end. Un élargissement du boulevard de Tournai est également évoqué pour fluidifier le trafic.
Métro. La proximité de deux stations de métro, « Cité scientifique » et « Quatre Cantons », situées à un kilomètre environ du site, ouvre d’intéressantes perspectives pour les adeptes des transports en commun. Seul obstacle à lever : il faut construire au moins une passerelle au-dessus de la RN 227 ! Une structure nettement moins chère, en tout état de cause, que la prolongation de quatre kilomètres de la ligne n°1, évaluée à près de 300 ME.
Délais. La maîtrise immédiate du foncier, assortie aux faibles contingences techniques, sur le papier du moins, autorisent de grands espoirs en la matière. Pour certains observateurs, le gain de temps par rapport à Lesquin pourrait être d’un, voire deux ans. Mais sur ce terrain-là aussi, la prudence est de mise.
L’incertitude. Jusqu’à présent, on n’a guère parlé finances dans ce troisième volet. Et c’est précisément là que réside la principale incertitude. Car si le développement économique est sévèrement encadré, davantage qu’à Lesquin, peut-on espérer une mobilisation massive des investisseurs privés ? Qui voudra engager des millions d’euros dans une opération à la rentabilité incertaine ? Dans ces conditions, il faudra être imaginatif pour supporter le coût d’un équipement évalué à 160 ME. Un sacré défi à relever pour la communauté urbaine.
Laurent WATIEZ (texte) et Philippe PAUCHET (photo aérienne)













