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La Voix du Nord - 17 mars 2006
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Pourquoi LMCU se démène pour le LOSC
Entre indemnités de retard de livraison d’un stade et manque à gagner pour le club
L’AGITATION voire l’empressement de Lille Métropole communauté urbaine (LMCU) à monter un nouveau projet de construction d’un stade pour le LOSC s’explique de manière contractuelle et non pour les beaux yeux du club. Et encore moins pour la passion du football.
En signant en tant que maire de Lille un protocole le 19 juillet 1999 (modifié le 19 janvier 2000) avec les premiers repreneurs du LOSC, Luc Dayan et Francis Graille, Pierre Mauroy ne pouvait se douter que le boomerang finirait par lui revenir de plein fouet à la communauté urbaine.
Lorsque Michel Seydoux débarque au LOSC, deux nouveaux protocoles d’accord sont signés le 30 avril 2002 entre la ville de Lille, son nouveau maire Martine Aubry, la société SOCLE (holding propriétaire du club), la SASP LOSC et l’association LOSC Lille Métropole. Auparavant (9 juillet 2001), le transfert de compétence vers LMCU de Grimonprez-Jooris est voté par la ville.
L’un de ces protocoles court sur la période 2002-2006 et prévoit l’extension du stade existant à une capacité de 35 000 places. Il est même précisé que « les travaux démarreront au plus tôt le lendemain du dernier match à domicile de la saison 2002-2003 pour se terminer au plus tard le 31 décembre 2004 ». On ajoute une phrase, a posteriori savoureuse : « La ville mettra tout en oeuvre afin d’avancer la date de réception du stade par le club. » Passons. Le feuilleton judiciaire de Grimonprez-Jooris II et son plantage retentissant ne font plus rire personne.
Un peu plus loin, survient le noeud du problème : « Tout retard dans la livraison du stade dans sa configuration définitive donnera droit à une indemnité au profit de la SASP. » À l’époque, on imagine des retards de la part des entreprises, pas de la ville...


La note pourrait s’élever à 120 ME !


Si aujourd’hui, le LOSC est en position de force et réclame un stade couvert de 55 000 places, c’est qu’il maintient à sa guise une lourde épée de Damoclès au-dessus de la tête de la ville de Lille. « Nous avons choisi l’arme de la diplomatie, des négociations, mais nous avons d’autres armes », laisse entendre Michel Seydoux.
Entre les pénalités financières prévues par les protocoles d’accord et le manque à gagner du club depuis le 1er janvier 2005, le total est assez facile à chiffrer : commercialisation de 35 000 places, de loges, la merchandisation... On peut évaluer autour de 2 ME par mois le manque à gagner du LOSC qui obtiendrait gain de cause sans peine devant un tribunal de commerce. Avec une livraison qu’on peut désormais imaginer au-delà du 1er janvier 2010, nous en serons au minimum à cinq ans de retard. Faites-le calcul : 120 ME seraient potentiellement dus par la ville de Lille au LOSC ! Et les municipales auront lieu en 2008...
Le protocole 2002-2006 s’achève au 30 juin. Le temps presse donc pour amadouer le LOSC, lui montrer la bonne volonté de tous et enterrer la colossale pénalité. Pierre Mauroy en signera-t-il un nouveau pour la période 2006-2010 au titre de LMCU ?

Ol. B. et L. W.

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