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La Voix des Sports - 25/02/2008
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Des regrets immédiats et des espoirs pour l’avenir
Bordeaux - Lille
 À l’image de Mirallas poursuivi par Diarra, le LOSC s’est montré entreprenant. Bordeaux (de l’un de nos envoyés spéciaux). – Ce matin, les dirigeants lyonnais pourraient adresser un bouquet de fleurs au Domaine de Luchin, histoire d’exprimer leur gratitude envers le LOSC. En venant cueillir leur quatorzième match nul de la saison à Chaban-Delmas (0-0), hier soir, sur les terres du dauphin de l’OL, les Lillois ont en effet davantage oeuvré pour le leader lyonnais que pour eux-mêmes, d’un point de vue strictement comptable. Ils pourraient même s’en vouloir un peu de n’avoir pas chatouillé davantage ce Bordeaux-là, visiblement contrarié par l’organisation lilloise et incapable de trouver la réponse adéquate.
Mais il ne faut évidemment pas rester sur ce seul constat. Depuis la mi-décembre, et une défaite à Toulouse (1-0), les Lillois n’ont plus lâché la moindre rencontre, en s’appuyant sur un état d’esprit irréprochable mais également sur la troisième meilleure défense de L1. Hier soir, ils ont encore démontré un goût prononcé pour les efforts collectifs, pour ce neuvième match consécutif sans défaite. Malheureusement, ils ont également affiché une timidité trop marquée dans les derniers mètres, à l’image de Frau, auteur d’un loupé inquiétant alors que Cabaye l’avait envoyé seul vers le bonheur (16 e).
Dommage car, loin du Stadium, le LOSC a réussi à s’appuyer sur une bonne maîtrise du ballon, notamment en première période, où Bordeaux sembla à la merci d’une accélération du jeu. Devant, Cavenaghi était privé de ballons, et l’Argentin fut contraint de décrocher très bas pour se servir lui-même.
Seul un instinct phénoménal lui permit de se distinguer (37e), mais Sylva se montra toujours attentif. Mieux, le Sénégalais s’appliqua généralement à relancer vite, pour doper le jeu rapide des Dogues. Après la pause, Obraniak (68e) puis Cabaye (71e) en profitèrent de loin, mais c’est surtout Lichtsteiner qui fit trembler Chaban-Delmas en grillant Jurietti et en poussant Ramé à repousser sa frappe sur le montant gauche (78e).
Légèrement déverrouillée, la rencontre s’anima et les Bordelais en profitèrent pour se réveiller un peu. Cavenaghi lança d’abord Chamakh sur une autoroute mais l’assistant de M. Auriac se trompa en le signalant hors-jeu (73e). En fin de rencontre, Micoud gaspilla deux caviars successifs de Chalmé (81e), auteur d’un enchaînement tête-volée un peu plus tôt, tandis que Wendel dévissa seul au second poteau (90e).
C’est évidemment trop peu pour une équipe qui vise le titre, et les Bordelais devront montrer un autre visage s’ils veulent réellement s’inventer un destin de champions. Le LOSC, même amputé de Makoun et Plestan, continue lui de prouver qu’il ne sait pas perdre. Face à Lyon, samedi au Stade de France, les Lillois tenteront de se sentir suffisamment chez eux pour démontrer que, de temps en temps, ils savent aussi gagner. C’est à ce prix qu’ils s’épargneront une fin de saison grignotée par l’angoisse. Ce serait vraiment trop bête, après ce genre de performance.

Antoine PLACER
Photo Patrick JAMES

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